Les investigations visant une filiale du groupe Castel en Centrafrique, accusée de complicité de crimes contre l'humanité, ont été classées par la justice française. Cette décision a été annoncée par le Parquet national antiterroriste (Pnat), qui a jugé les infractions « insuffisamment caractérisées ».
En février, le Pnat a confirmé que les preuves réunies au cours de quatre ans d'enquête étaient trop vagues pour engager des poursuites. Selon des sources proches de l'enquête, de nombreuses auditions ont été menées en France et en République centrafricaine, mais les conclusions n'ont pas permis de corroborer les accusations portées.
Le dossier a été ouvert suite à un rapport de l'ONG The Sentry publié en août 2021, qui a suscité une attention médiatique considérable. Cependant, la défense a rapidement dénoncé « les carences du rapport », suggérant que l'organisation avait pu être manipulée dans un contexte de tensions géopolitiques, notamment entre Paris et Moscou.
Justyna Gudzowska, directrice exécutive de The Sentry, a fermement défendu l'intégrité de leurs conclusions, affirmant que l'ONG n'agissait pas pour le compte d'« aucun gouvernement ni d'aucun acteur extérieur ». Les tensions entre la France et la Russie, exacerbées par cette affaire, mettent en lumière des enjeux beaucoup plus larges dans les relations internationales en Centrafrique.
Cette décision de classement laisse de nombreuses questions sans réponse et alimente le débat sur la responsabilité des entreprises dans les zones de conflit. Les experts s'interrogent sur les implications futures de ce dossier, notamment sur l'impact qu'il pourrait avoir sur l'investissement étranger en Centrafrique.







