Les forêts tropicales se remettent de la déforestation plus rapidement que ce que l'on aurait pu imaginer. Cette conclusion inattendue est tirée d'une étude menée en Équateur, impliquant de nombreux spécialistes. Timo Metz, postdoctorant à l'université de Californie, souligne ce qu'il appelle une “énorme surprise”, citée par The New York Times.

Cette recherche, ambitieuse, a rassemblé des dizaines de scientifiques venant de divers horizons. Les chercheurs ont étudié seize groupes taxonomiques, incluant des animaux tels que des chauves-souris et des grenouilles, ainsi que des plantes et des bactéries, sur quarante-cinq parcelles qui avaient été défrichées pour des activités agricoles.

Ces zones en différentes phases de régénération ont été comparées à d'autres forêts restées intacts pendant plus d'une décennie. Ana Falconí López, experte équatorienne en conservation, a également souligné l'importance des communautés locales dans ce processus de régénération.

Un message d’espoir

Les résultats, publiés le 8 avril dans Nature, révèlent que, dans un délai de trente ans, la majorité des animaux retournent dans les zones déboisées, atteignant une diversité similaire à celle rencontrée au sein des forêts intactes. Lourens Poorter, expert en écologie des forêts tropicales à l'université de Wageningen, a décrit ces résultats comme un “message d'espoir” pour la nature.

Cependant, des voix critiques comme celles de Catarina Jakovac, de l'Université fédérale de Santa Catarina au Brésil, soulignent que les résultats pourraient varier dans des zones plus dégradées. Le projet s'est cependant concentré sur des écosystèmes relativement protégés, qui offrent un contexte encourageant pour la régénération.

L'étude fait également état de disparitions inquiétantes, précisant qu'environ 30 % des bactéries du sol ont totalement disparu suite aux défrichements, et certains animaux spécifiques aux anciens écosystèmes forestiers ne sont pas encore revenus.