C'est à Saint-Denis-Lanneray qu'un chapitre inédit se dessine dans la mémoire du célèbre gastronome Jean-Pierre Coffe, décédé d'une crise cardiaque le 29 mars 2016. Son compagnon, Christophe Dolbeau, a décidé de faire de leur ancienne ferme, nichée dans un jardin luxuriant de deux hectares, un gîte où la passion de la gastronomie et de la botanique se mêle avec harmonie.
Si les souvenirs de Coffe évoquent souvent ses crus mémorables contre la malbouffe, peu connaissent son amour pour le jardinage. Dans sa maison d'Eure-et-Loir, ce jardin, qu'il avait lui-même créé et qu'il arrosait d'un bon verre de vin blanc, représentait un véritable havre de paix. Christophe se souvient : « Jean-Pierre adorait passer du temps parmi ces plantes, c'était là qu'il se sentait le plus vivant. »
Un projet de gîte né d'une partie de cartes
Christophe, présent le jour de sa disparition, ne s'attendait pas à devoir porter seul cette précieuse demeure. L'idée d'en faire un gîte, bien que difficile à envisager à l'époque, a progressivement pris forme. « Lors de nos parties de cartes, il plaisantait sur l’idée que je pourrais accueillir des gens ici. Après son décès, cela est devenu une réalité incontournable », explique-t-il.
Après avoir racheté les parts, il a mis en place un système de visites guidées du jardin, accompagnées d'un apéritif, ainsi qu'un service d'hébergement. « Jean-Pierre adorait recevoir, alors je ne pouvais pas garder cet endroit secret. Son buste, en bronze, veille désormais sur notre jardin », ajoute-t-il avec émotion.
Antiquaire de profession, Christophe s’investit à fond dans l’entretien de ce lieu chargé d'histoire, qu’il a rebaptisé La Duchaylatière. Il documente ses efforts sur Instagram, et ces efforts portent leurs fruits : le lieu est classé parmi les Parcs et Jardins de Centre-Val de Loire. Les réservations affluent pour la partie gîte, permettant aux visiteurs de profiter d’un cadre bucolique, d’une piscine l’été et d’un petit-déjeuner fait maison.
« Je ne veux surtout pas en faire un musée »
Christophe, désormais conseiller municipal, explique son attachement à cette région : « Après avoir vécu ici 20 ans, je ne me vois pas ailleurs. J'ai passé dix ans en compagnie de Jean-Pierre et dix sans lui, et cette maison devrait rester vivante. » Il conserve les meubles de son compagnon, mais a choisi de moderniser l’espace. « Je ne veux pas que cela ressemble à un musée. La cuisine, qui reste intacte, est l'âme de cette maison. »
Pour insuffler une nouvelle vie au lieu, il a prévu d'organiser une exposition d’art contemporain dans le jardin. « Un artiste street-art de Nogent-le-Rotrou viendra exposer ses toiles le mois prochain. J'espère que cela permettra d'attirer des visiteurs et de transformer cet endroit en un véritable lieu de vie », conclut-il avec enthousiasme.







