La campagne pour les municipales à Paris a pris une tournure explosive jeudi, alors qu'Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI, a accusé Emmanuel Macron d'avoir œuvré pour faciliter le retrait de Sarah Knafo, candidate d’extrême droite. Des accusations qui ont suscité de vives réactions des concernés.
“Emmanuel Macron est intervenu à plusieurs niveaux pour aider au retrait de Sarah Knafo. C'est une faute morale immense”, a déclaré Grégoire sur franceinfo, soulignant la gravité de la situation.
Cette attaque survient après un débat diffusé sur BFMTV et Le Figaro TV, où Grégoire s'est retrouvé entre la candidate insoumise Sophia Chikirou et Rachida Dati, la candidate de la droite. Avec 752,000 téléspectateurs en moyenne, ce débat a constitué un moment fort de la campagne.
Grégoire a mis en lumière la nécessité pour Dati d'avoir le soutien de l'extrême droite pour être élue, rappelant des figures marquantes de l'histoire politique de la ville. “Peut-on imaginer Jacques Chirac élu avec le soutien de Jean-Marie Le Pen ?” a-t-il interrogé.
Dati a rétorqué, affirmant que son camp a toujours maintenu un “cordon sanitaire” avec l'extrême droite. Malgré sa position, elle doit composer avec une nouvelle alliance, ayant fusionné ses forces avec Pierre-Yves Bournazel d’Horizons/Renaissance, ce qui complique davantage la dynamique des élections.
Au premier tour, Grégoire avait obtenu 37,98% des voix, offrant une avance confortable sur Dati, qui a atteint 25,46%. Cependant, avec l’alliance de Dati et des candidats qui se retirent, la campagne s'intensifie alors que le second tour approche.
Grégoire a exprimé ses inquiétudes quant à l'influence de Macron, accusant le président d’avoir orchestré la sortie de Knafo pour favoriser son adversaire. “C'est la première fois que l'extrême droite dépasse les 10% à Paris, et comme par hasard, ils se retirent”, a-t-il déclaré, mettant en avant ce qu'il perçoit comme une manipulation.
Dans la foulée des accusations, Macron a fermement démenti toute ingérence lors d'un sommet européen : “Ces propos n'ont aucun sens”.
Cependant, les tensions ne s'arrêtent pas là. Une source anonyme a suggéré que Macron aurait contacté le milliardaire Vincent Bolloré pour influencer le résultat, une accusation que Grégoire a appuyée, mais qui reste sans preuves tangibles.
Dati, quant à elle, a minimisé les accusations de complot en qualifiant ses adversaires de “panique” et de “complotistes”. “Quand vous perdez pied, vous dites n’importe quoi”, a-t-elle réagi.
La campagne se révèle donc aussi riche en émotions qu'en tensions politiques, comme en témoignent des échanges houleux après le débat, où Dati aurait insinué à Grégoire certains mots peu flatteurs.







