Le député socialiste Jérôme Guedj a annoncé avoir porté plainte suite à des graffitis d'une extrême gravité retrouvés sur sa permanence parlementaire à Massy, dans l'Essonne. Dans un communiqué publié jeudi sur le réseau social X, il dénonce ce qui constitue, selon lui, "l’expression la plus violente de l’antisémitisme".
Les tags, visibles sur une photo publiée par le député, incluent une croix gammée sur son front, une "moustache à la Hitler" et les mots "acheté par" écrits au feutre noir sur sa joue droite. Guedj souligne que ces actes sont une manière insidieuse de déshumaniser les individus visés en les faisant symboliquement associer au régime nazi, responsable de l’horreur de la Shoah.
Une forme d’intimidation
"Ce tag est un rappel douloureux d’un traumatisme historique majeur", déclare Jérôme Guedj. "Cela signifie que je ne devrais pas occuper l’espace public à cause de mes origines ou de ma confession". Il qualifie ces actes d'intimidation directe envers lui et, plus largement, envers la communauté juive.
À 54 ans, Guedj ne se laisse pas abattre par ces manifestations de haine. En février, il a déclaré sa candidature à la présidentielle de 2027, affirmant son engagement contre le racisme et l’antisémitisme sur France Inter.
Les statistiques récentes du ministère de l’Intérieur révèlent que, bien que 646 actes antisémites aient été recensés entre janvier et juin 2025 (soit une baisse de 27,5 % par rapport à l'année précédente), il s’agit d’une augmentation préoccupante de 112,5 % par rapport à 2023. Ces chiffres, bien que moins alarmants qu'en 2024, démontrent que le phénomène est loin d'être éradiqué.
Des experts en études juives et en communication ont souligné la gravité de ce type d'acte et la nécessité d'une réponse forte et unifiée de la société. Certains, comme le sociologue Michel Wieviorka, mettent en avant l'importance d'une sensibilisation continue sur les enjeux de l'antisémitisme.







