Océane Granger, une jeune femme convertie à l’Islam, a été condamnée à cinq ans de prison par la cour d’assises spéciale, après avoir rejoint le groupe État islamique en Syrie en 2015. Son compagnon, Amirouche Belounis, longtemps supposé mort, a été jugé par défaut et condamné à 30 ans de réclusion pour son implication dans les activités djihadistes et une vidéo de propagande diffusée en 2016.
Océane est la première parmi 22 "revenantes" à être jugée cette année. Parti avec leur bébé par la gare du Nord, le couple avait emprunté un itinéraire complexe, passant par l'Allemagne et d'autres pays. Ils utilisaient de faux documents belges, similaires à ceux utilisés par des membres des commandos du 13 novembre 2015, pour rejoindre la Syrie, comme le rapportent des sources médiatiques telles que Ouest-France.
Devant la cour, Océane a reconnu sa participation au projet de l'EI, déclarant que « le fait d’être immergée, ça finit par entrer en vous, ça prend racine ». Les experts présents au procès ont noté que son parcours était celui d'une jeune femme venant d'un milieu familiale difficile et d'une séparation parentale chamboulante.
Les autorités françaises estiment qu'environ 1 490 départs ont été recensés vers des zones de conflit depuis 2012, incluant 417 femmes majeures. Le couple a été en contact avec des figures notoires de la filière djihadiste des Buttes-Chaumont à Paris, selon des déclarations de la DGSI, qui a souligné l'importance de la radicalisation dans leur parcours.
Les témoignages recueillis précisent qu'après la chute de Baghouz, Océane a été rapatriée en 2022, travaillant et étudiant depuis sa sortie de prison en mars 2025. Elle a été condamnée sous un régime de suivi sociojudiciaire de cinq ans, une décision prise en tenant compte de son parcours et de sa reconnaissance des faits.
Ce procès soulève des questions importantes sur les enjeux de la radicalisation et le traitement des individus ayant cotoyé le groupe État islamique. L’avocate générale avait pourtant requis une peine de neuf ans d’emprisonnement initialement, mettant en avant la gravité des faits.







