La commune d'Amélie-les-Bains, située dans les Pyrénées-Orientales, a instauré un couvre-feu pour les mineurs de moins de 15 ans par un arrêté municipal signé le 27 février dernier. Cette mesure interdit à ces adolescents de sortir entre 22 h et 6 h du matin sans la présence d'un adulte. Marie Costa, la maire de la commune, n'hésite pas à dire qu'elle est prête à sanctionner les « parents négligents » en cas de non-respect des règles.
Ce couvre-feu, qui reste en vigueur jusqu'au 31 mai 2026, vise à répondre à une recrudescence des incivilités dans la commune, comme l'a rapporté le média local Made in Perpignan. « Devant les incivilités récurrentes enregistrées ces derniers jours, vols et déprédations de véhicules, j’ai décidé de mettre en place un couvre-feu pour les moins de quinze ans », explique l'élue qui gère cette localité de 3 500 habitants.
Des parents incapables et démissionnaires
Interrogée par plusieurs médias, Marie Costa pointe du doigt la responsabilité des parents, déclarant : « Je ne pense pas qu’il y ait des jeunes délinquants. Je crois que certains parents sont incapables et démissionnaires. Les enfants, c’est comme les roseaux ; en leur mettant un tuteur, ils poussent bien ». Ce constat est renforcé par des cas de vandalisme observés dans la commune, tels que des vitres et des pneus dégonflés.
Une décision qui suscite des réactions
Ce couvre-feu a rapidement suscité des débats dans la commune. Le 4 mars, Marie Costa a défendu son arrêté sur les réseaux sociaux, le qualifiant d' « anodin » mais nécessaire pour protéger la sécurité des habitants. Elle précise que l'objectif est de cibler « les parents d’adolescents visiblement livrés à eux-mêmes » et souhaite que cette initiative contribuera à freiner les actes de vandalisme. Cependant, la Ligue des droits de l’Homme a annoncé son intention de contester cette décision, jugeant que « c’est abusif » et que cela limite la liberté de circulation.
Pascale Gineste, la secrétaire de la LDH 66, déplore cette restriction : « Il y a des droits régaliens que l'on ne peut pas bafouer. » Alors que la communauté s'interroge sur l'efficacité et l'équité de cette mesure, le débat autour de la responsabilité parentale et de la sécurité des jeunes continue de faire rage à Amélie-les-Bains.







