Duckens Nazon, ancien attaquant de QRM, a vécu une expérience terrifiante alors qu'il se trouvait à Téhéran. Samedi 28 février 2026, alors qu'il s'apprêtait à voler vers la Turquie, des bombardements ont éclaté autour de l'aéroport. Le joueur, qui évolue depuis l'été dernier pour le club iranien d'Esteghlal, raconte son odyssée pour fuir le pays.
Joignant Duckens par téléphone ce mardi 3 mars 2026, il vient d'arriver à Paris. "Je suis soulagé, d'être parmi mes proches après cette aventure rocambolesque", se réjouit-il. À l'aéroport, le vol a été interrompu juste après l'embarquement en raison des frappes aériennes. "Le commandant de bord a annoncé que nous devions débarquer, l'Iran étant bombardé", se souvient le joueur de 31 ans.
Il décrit par la suite la panique ambiante : "Personne ne savait ce qui allait se passer. J'avais un plan, je savais que je devais atteindre une frontière". Son club a organisé un chauffeur pour l'emmener vers l'Azerbaïdjan, mais la route fut semée d'embûches. "J'ai vu une bombe exploser tout près et une roquette passer au-dessus. Ce qui m'a le plus marqué, ce sont ces kilomètres de bouchons, tout le monde essayant de fuir l'Iran", relate Nazon.
Après avoir parcouru des centaines de kilomètres, il arrive à la frontière azerbaïdjanaise. "Je pensais que mon visa et mon passeport suffiraient, mais il me fallait un code spécial. Les autorités m'ont alors refusé l'entrée, me renvoyant en Iran alors que je ne pouvais plus y retourner. J'avais un blocage, j'ai passé entre 32 et 35 heures à la frontière", explique-t-il.
Trois jours de périple
La situation s'est enfin débloquée grâce à l'intervention de l'ambassadrice de France en Azerbaïdjan, Sophie Lagoutte. "Je la remercie chaleureusement pour son aide", confie Nazon. Pendant ce temps, il ne pouvait pas joindre sa famille au Maroc, ce qui leur causait beaucoup d'angoisse. "Ma femme passait des nuits blanches, c’était très difficile pour elle de savoir que j'étais bloqué à la frontière au milieu des bombardements", explique-t-il.
Finalement, au bout de trois jours de lutte, Duckens Nazon a réussi à retourner en France. "Tout évoluait si vite. Ma priorité était de quitter le pays. Je ne pensais pas aux dangers, je voulais juste partir, c'était instinctif", avoue-t-il, visiblement ému.
De retour en France, l'international haïtien espère retrouver le chemin de l'entraînement, possiblement à Rouen. "J'espère que la FIFA, comme pour la guerre en Ukraine, me permettra de rompre mon contrat avec mon club en Iran", ajoute-t-il. En attendant, il souhaite profiter de sa famille, affirmant que c'est l'essentiel : "Oui, je confirme, c'est un immense soulagement d'être ici".







