Le procès actuellement en cours à Los Angeles sur les réseaux sociaux a mis en lumière le témoignage poignant d'une jeune femme de 20 ans, qui a partagé son expérience d'addiction à YouTube, une plateforme qu'elle a fréquentée depuis l'âge de 6 ans. Son histoire résonne avec des préoccupations plus larges concernant la sécurité des jeunes utilisateurs sur les réseaux sociaux.
La plaignante, Kaley G.M., a indiqué qu'elle passait, très jeune, la totalité de son temps libre sur YouTube, avant de se tourner vers Instagram. Lors de son audition, considérée comme un moment clé du procès, elle a déclaré qu'elle ressentait une pression constante pour rester connectée. "J’étais jeune et je passais tout mon temps, a-t-elle affirmé.", ajoutant qu'elle avait tenté d'arrêter sans succès.
Tout au long de son témoignage, on a appris que Kaley avait ouvert son premier compte à l'âge de 8 ans, sans rencontrer d'obstacles liés à l'âge, malgré les restrictions théoriques qui interdisent aux moins de 13 ans d'accéder à ces plateformes. "Je ne pense pas qu’on m’ait jamais demandé mon âge lors de la création de mon compte Instagram", a-t-elle ajouté.
Les effets de cette consommation précoce sont considérables, notamment l'augmentation de l'anxiété et de la dépression. À l'âge de 10 ans, elle a déclaré avoir commencé à se mutiler, un comportement souvent lié à des luttes internes exacerbées par la pression des réseaux sociaux et le cyberharcèlement. La jeune femme a précisé : "Quand je n’étais pas dessus, j’avais l’impression que j’allais rater quelque chose." Ces témoignages soulignent les dangers potentiels d'une exposition précoce aux réseaux sociaux.
"Cette affaire est cruciale pour comprendre comment ces grandes entreprises technologiques peuvent être tenues responsables de leurs pratiques, a déclaré l'expert en droit numérique, Dr. Jean-Paul Lefevre. Les résultats pourraient ouvrir la voie à d'autres cas similaires aux États-Unis et ailleurs." Pendant ce temps, le jury doit évaluer si ces entreprises ont intentionnellement conçu leurs plateformes pour favoriser une consommation excessive de contenus, contribuant ainsi à des problèmes de santé mentale chez les jeunes.
Bien que des réseaux comme TikTok et Snapchat aient été initialement cités dans cette affaire, ils ont rapidement opté pour des règlements à l'amiable avant l'ouverture du procès. En revanche, YouTube et ses propriétaires, Google, sont actuellement sous le feu des projecteurs, alors que leurs pratiques sont analysées sous un angle critique.
Ce procès pourrait établir un précédent dans la lutte contre l'addiction aux réseaux sociaux et souligner la nécessité pour ces entreprises de protéger les jeunes utilisateurs. En effet, la question de la responsabilité des géants de la technologie face aux effets délétères de leurs plateformes est plus actuelle que jamais.







