Lors de sa chronique matinale, notre directrice de la rédaction s’est penchée sur le vote récemment passé de la loi sur l'aide à mourir. Provoquant débats et controverses, cette loi a finalement été adoptée par 299 députés, contre 226. Le texte sur l'extension des soins palliatifs, quant à lui, a bénéficié d'un vote unanime.
Avec l’adoption de cette loi, un nouveau droit émerge dans le paysage législatif français. Les progressistes s’en réjouissent et Emmanuel Macron salue ce qu’il considère comme une avancée humaniste. Cependant, pour certains, comme le professeur Philippe Juvin, cette journée marque le début d'une ère où la mort est gérée par des structures étatiques et médicales, soulevant la question : "Pour mourir, c'est quel guichet, s'il vous plaît ?".
Ce changement, présenté sous le couvert de la compassion, pose un problème : l’individualisme rampant de notre société est consacré. L’argument selon lequel chacun est libre de choisir sa fin semble nier que la mort, la naissance et la filiation ne peuvent être réduites à de simples choix personnels.
Ce texte législatif révèle un désir de contrôle total sur notre existence. La conscience de notre mortalité fait partie intégrante de la condition humaine, et aucun être humain ne peut choisir le jour ou l'heure de sa fin. Un tel mystère devrait nous obliger à une certaine humilité, plutôt qu’à une prétention à tout maîtriser.
Les dérives observées depuis l'application de lois similaires, comme en Belgique ou au Canada, où des cas controversés d'euthanasie ont été rapportés, devraient inciter à la prudence. Les garde-fous initialement promis s’avèrent déjà fragiles. Le professeur Juvin souligne avec inquiétude que cette loi pourrait devenir un recours systématique, et la rapporteuse de LFI a exprimé des regrets quant à l'absence d’accès à cette aide pour les mineurs émancipés.
Au rythme où vont les choses, il est possible que l’euthanasie s’ouvre rapidement à d’autres catégories de personnes, tels que les patients souffrant de dépression ou de handicaps mentaux. Ce chemin semble implacable : comme l'histoire de l'IVG l'a montré, ce qui débute comme un retour exceptionnel peut rapidement se transformer en normalité.
La question qui revient souvent est : qui désire souffrir ? Cependant, cette question présente un dilemme biaisé. Elle présente l'euthanasie comme la seule issue à des douleurs insupportables, sans envisager d'autres alternatives. Trois éléments doivent être soulignés ici :
- La Loi Léonetti permet déjà d’épargner des souffrances dans la majeure partie des situations ;
- L’assistance à mourir se déroule souvent dans le secret, avec l’accord explicite entre médecins, patients et familles, sans avoir besoin d’une loi stricte ;
- Des études ont prouvé que la demande d'euthanasie tend à diminuer avec l'amélioration des soins palliatifs.
Comme le souligne le journaliste Joseph Macé-Scaron, cette situation pourrait engendrer un fossé où « les meilleurs soins palliatifs seront réservés aux nantis, tandis que les plus démunis pourraient se retrouver poussés vers l’euthanasie. Voulons-nous vraiment appeler ça de l'humanisme ? »
⚰️ Loi sur la fin de vie
— Sud Radio (@SudRadio) February 26, 2026
?️ @ELevyCauseur : "Un nouveau droit est né mais c'est un jour funeste ! En France, la mort est devenue une affaire étatique."
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