Un défi logistique pour la restauration universitaire
La généralisation du repas à un euro pour tous les étudiants, prévue pour le début du mois de mai, représente un véritable défi pour les infrastructures de restauration universitaire. Bénédicte Durand, la présidente du Cnous, a exprimé ses préoccupations concernant les risques de saturation, surtout à l'approche de la rentrée scolaire, où la fréquentation des restaurants universitaires atteint son maximum annuel. Lors d'une visite à Paris pour le Salon de l’agriculture, elle a commenté ce problème pressant.
Anticipation d'une forte affluence
Depuis la mise en place du repas à un euro, en 2020, destiné aux étudiants boursiers, la fréquentation des 967 points de restauration des Crous a explosé de près de 80 %. Bénédicte Durand a souligné que chaque année, environ 700 000 étudiants bénéficient de 45 millions de repas servis. L’extension de cette mesure à tous les étudiants est donc d’une importance capitale, mais elle nécessite une gestion minutieuse pour éviter la surcharge des services.
« Nous allons observer l’impact de cette généralisation en mai, durant une période d’affluence modérée, ce qui nous permettra de préparer de manière adéquate la rentrée suivante », a-t-elle précisé. Une feuille de route sera présentée à la mi-avril, comprenant des stratégies pour faire face à un éventuel afflux massif.
Un financement crucial
La mise en place de cette mesure dans le cadre du budget 2026 a été perçue comme une concession politique face aux demandes des étudiants. Si le ministre de l'Enseignement supérieur et la présidente du Cnous étaient réticents initialement, ils ont désormais accordé une attention particulière à la faisabilité de cette mesure. L'État a prévu un budget de 50 millions d'euros pour anticiper une augmentation modérée de 10 % de la fréquentation.
« Une partie de ces fonds sera destinée à compenser la réduction du tarif pour les étudiants non-boursiers, et l'autre à financer l’embauche de personnel et l’acquisition d’équipements supplémentaires », a déclaré Mme Durand.
Un suivi de qualité
La présidente du Cnous a aussi évoqué la nécessité d'une mission d'évaluation pour garantir que les trois principes centraux - qualité des repas, qualité de vie au travail des agents, et sécurité des établissements - soient respectés. Ceci permettra de suivre l’évolution de la fréquentation des étudiants boursiers pour éviter tout risque d’exclusion, surtout dans un contexte de forte tension sur les ressources. Les experts pensent qu'une planification rigoureuse et une réévaluation constante des capacités seront essentielles pour faire face aux défis à venir.







