Une lueur d'espoir se profile pour la santé des jeunes : la consommation de tabac et de cannabis est en diminution. Toutefois, l'alcool, défendant une tendance inverse, ressent un regain d'intérêt parmi les adolescents, d'après une étude récemment publiée.
Selon l'enquête nationale EnCLASS, réalisée par l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) et impliquant près de 12.000 collégiens et lycéens, les jeunes Français consomment de moins en moins de substances psychoactives en 2024, à l'exception de l'alcool qui connaît une recrudescence après une forte baisse due à la pandémie de Covid-19.
Les résultats de cette enquête révèlent qu’en 2024, moins d'un collégien sur dix (7,7 %) a avoué avoir déjà essayé le tabac, une nette diminution par rapport aux 11,4 % enregistrés en 2022. De plus, parmi les lycéens, l'expérimentation de la cigarette a baissé de 3,4 points, atteignant 30,6 %.
Dans le rapport, les chercheurs soulignent : "Au cours de près de quinze ans, l'expérimentation du tabac a été divisée par quatre chez les collégiens et par deux chez les lycéens, tandis que le tabagisme quotidien parmi ces derniers a été divisé par cinq". Cette réduction significative est réjouissante et indique une évolution de la perception des risques associés au tabac.
Il demeure, cependant, une préoccupation autour de la cigarette électronique, dont l'utilisation reste répandue : environ un collégien sur cinq (19 %) et plus d'un lycéen sur quatre (25,3 %) ont indiqué avoir déjà testé ce produit.
La moitié des collégiens ont déjà testé l'alcool
De plus, l'enquête souligne une évolution chez les lycéens où l'usage quotidien de la cigarette électronique (6,8 %) a désormais surpassé celui du tabac (5,6 %). En parallèle, l'expérimentation du cannabis a également reculé significativement, passant de 22,5 % à 16,1 % en l'espace de deux ans. D'autres substances illicites connaissent aussi une chute, avec un usage expérimental qui a été divisé par deux et demi entre 2011 et 2024, selon l'OFDT.
Malgré ces données encourageantes, l’engouement pour l’alcool ne doit pas être sous-estimé. Actuellement, près de la moitié des collégiens ont déjà expérimenté l'alcool, ce qui soulève des inquiétudes auprès des experts de santé publique. En effet, comme le souligne un rapport de Santé Publique France, "la consommation d'alcool pendant l'adolescence peut avoir des répercussions durables sur le développement cérébral".
Dans ce contexte, il est essentiel que les campagnes de sensibilisation se consacrent également à l'alcool, afin de contrer cette tendance croissante, tout en poursuivant les efforts pour réduire la consommation de tabac et de cannabis. Un équilibre fragile mais nécessaire pour la santé des générations futures.







