Plus de 500 personnes se sont rassemblées à Grenoble le 31 janvier pour manifester leur soutien aux forces de l'ordre, un événement labelisé par le syndicat Alliance. À l'approche des élections municipales, cette mobilisation prend un tournant politique net. La sécurité émerge comme une thématique cruciale, notamment pour Alain Carignon, candidat sous l'étiquette Les Républicains, qui s'arkène le bilan sécuritaire de l’actuelle majorité avec une déclaration frappante : "mille Grenoblois subissent davantage d'agressions que mille résidents de Saint-Denis ou de Marseille".
Mais qu'en est-il vraiment ? Selon les données officielles fournies par le ministère de l'Intérieur pour 2024, Grenoble déclare 899 victimes de violences physiques sur une population estimée, ce qui correspond à un taux de 5.75 victimes pour mille habitants. Comparé à Marseille (4.91), cela semble donner raison à Carignon. Cependant, la tendance inverse se produit face à Saint-Denis, où le taux atteint 5.89 victimes pour mille. Il apparaît donc que la déclaration de Carignon est partiellement juste : valide pour Marseille, mais erronée pour Saint-Denis.
Cette comparaison a-t-elle du sens ?
Ce type de comparaison peut induire en erreur. Prenons des références locales comme la Côte Saint-André, qui affiche 71 victimes d'agressions pour 2024. Sur un ratio, cela correspond à presque 15 victimes pour mille habitants — alors selon la formule de Carignon, cela signifierait que ses habitants seraient le double plus souvent victimes d'agressions comparés à ceux de Marseille ou Saint-Denis.
À La Mure également, le chiffre de 5.5 victimes pour mille habitants surpasse la moyenne marseillaise. Néanmoins, il convient de noter que Marseille a un poids démographique bien plus conséquent, étant six fois plus peuplée que Grenoble, rendant ces comparaisons délicates.
Pour autant, n'y a-t-il pas un problème de sécurité spécifique à Grenoble ?
Il existe bel et bien des préoccupations spécifiques à Grenoble. La délinquance s'y révèle généralement plus aiguë par rapport à des agglomérations aux caractéristiques similaires. Toutefois, il est notable que concernant les agressions physiques, celles-ci sont en diminution. En revanche, les incidents de vols de véhicules ont vu une augmentation spectaculaire — presque multipliés par trois en dix ans — tout comme les infractions liées à la consommation de stupéfiants.
Dans ce contexte, des solutions variées émergent. Pratiquement tous les candidats en lice plaident pour un renforcement de la police municipale, une mesure déjà amorcée dans l’ensemble de l'Isère. Actuellement, 133 communes, soit 22 de plus qu'il y a dix ans, disposent de ce type de services.
La question se pose également : doit-on armer ces agents ? Faut-il accroître la vidéosurveillance ? Ces investissements en sécurité imposent inévitablement des choix politiques cruciaux qui pourraient impacter d'autres secteurs. Le débat n'est pas clos, il s’agit d’un enjeu à surveiller lors des futures élections.







