Des producteurs d'Ariège boycottent le Salon de l'agriculture pour soutenir leurs collègues
Face à la sévère crise agricole provoquée par la dermatose nodulaire, les producteurs de l'Ariège décident d'annuler leur venue au Salon de l'agriculture, allant à l'encontre de la fête annuelle qui célèbre la ruralité. Les 22 producteurs initialement sélectionnés pour cet événement se sont unis dans cette démarche symbolique, visant à faire entendre leurs voix et à interpeller le gouvernement sur la gestion de cette crise.
Sur les routes de l'Ariège, chaque village se manifeste par un bandeau noir, une mesure qui illustre le sentiment de deuil de la ruralité face aux crises incessantes qui assaillent le secteur agricole. Comme le souligne Alexandre Sintès, éleveur de poulets à Saverdun : "L'ambiance est morose. Nos volailles restent confinées en raison de la grippe aviaire, et mes collègues éleveurs bovins traversent une période d'angoisse face à la dermatose nodulaire." Ce climat de désespoir a conduit à l'annulation de leur participation au Salon, prévu du 21 février au 1er mars. Le conseil départemental a précisé dans un communiqué que "les circonstances actuelles ne permettent pas de faire de cet événement un temps de valorisation."
Le traumatisme de la dermatose
La situation a été exacerbée par la détection d'un premier cas de dermatose nodulaire dans la région en décembre, provoquant une vive inquiétude parmi les agriculteurs. Bénédicte Fournié, éleveuse de bovins, a témoigné de cette angoisse : "Nous craignions pour la santé de notre bétail. Aujourd'hui, cette peur se matérialise avec la décision d'abattre l'intégralité d'un troupeau contaminé, un acte impensable pour nous." Les abattages préventifs ont engendré des manifestations, avec des agriculteurs s'opposant fermement à cette mesure. Des tensions ont éclaté, illustrant le profond mal-être et la colère qui règnent parmi la profession.
Cyril Sentenac, éleveur d'ânes, a insisté sur l'importance de dénoncer la lourdeur des événements récents : "Non seulement ces actes sont inacceptables, mais ils sont également un puissant symbole de notre lutte. Boycotter le Salon, c'est faire entendre notre détresse et notre refus de nous taire." Les événements tragiques des Bordes-sur-Arize, où des affrontements entre agriculteurs et forces de l'ordre ont eu lieu, sont désormais gravés dans les mémoires.
Une solidarité se dessine à travers ces actions frontales et ces choix de boycott, que d'autres régions pourraient suivre dans un contexte agricole de plus en plus difficile. La lutte contre la dermatose et pour la survie des exploitations trouvent ainsi un écho collectif parmi les producteurs dévoués à leur métier.







