En octobre 2020, cet homme avait cherché à se défendre face à deux jeunes désireux de lui dérober sa BMW. Armé d’un couteau volé à l’un d’eux, il a tragiquement mis fin à la vie de l’autre. Ce vendredi, la cour d’assises des mineurs du Val-de-Marne l’a condamné à douze ans de réclusion.
La situation dans un tribunal peut parfois brouiller les frontières entre victime et coupable. C'est exactement ce qui s'est passé cette semaine lors du procès, où Pablo et un autre jeune, Y., ont fait face à leurs juges. Tandis que Pablo était accusé de meurtre, le second était jugé pour extorsion.
Pablo a finalement été reconnu coupable de violences volontaires sans intention de donner la mort, une requalification qui souligne la complexité de cette affaire. « La cour a déterminé qu'il n'y avait pas d'intention d’homicide », a expliqué son avocate, Me Olivia Richard. Son codefendeur, condamné à cinq ans, a été reconnu coupable d'extorsion avec arme.
Il récupère le couteau de son agresseur
Ce scénario tragique débute le soir du 1er octobre 2020. À proximité d’un supermarché, Pablo, alors âgé de 20 ans, attendait avec sa compagne l'arrivée d'un ami. Leur soirée prend une tournure menaçante lorsqu'un duo les aborde. Les agresseurs, Y. et Mayronn, n'attendaient visiblement qu'une occasion pour frapper, lançant des menaces au sujet d’un conflit passé.
Y. n’hésite pas à brandir un couteau pour essayer d’extorquer les clés du véhicule. Dans cette spirale de violence, il inflige un coup qui atteint Pablo à la main. Ce dernier, par réflexe, parvient à saisir le couteau et frappe son agresseur. Les événements s’enchaînent rapidement, culminant dans une lutte désespérée.
Dans le tumulte, Y. ne parvient pas à s’échapper sans conséquence. Il succombe à des blessures mortelles, résultant de plusieurs coups au thorax. Ce drame a été confirmé par l’autopsie qui révèle la gravité des lésions.
Pas de volonté de tuer, mais aussi pas de légitime défense
Devant la cour, Pablo a plaidé son cas, insistant sur le fait qu'il n'avait jamais eu l'intention de tuer. Son avocat a tenté de prouver qu'il réagissait face à une agression. Malgré cela, la cour n'a pas retenu le concept de légitime défense, soulignant la disproportion entre ses blessures et celles des agresseurs.
Pablo, auparavant en détention provisoire depuis plus de trois ans, doit maintenant purger une longue peine. Ce verdict suscite un débat sur la ligne fine entre défense et violence, interrogeant les limites de la légitime défense dans des situations extrêmes comme celle-ci. Dans les mots de certains experts, cette affaire soulève des questions essentielles sur la protection légale face à des comportements prédateurs.







