Suite à une nouvelle loi d’amnistie adoptée sous l’impulsion des États-Unis, les prisons vénézuéliennes se sont ouvertes, entraînant la libération de nombreux opposants politiques, notamment Juan Pablo Guanipa. Ce dernier, qui avait été incarcéré pour des accusations de conspiration, a annoncé sa libération le 20 février. Cependant, cette amnistie ne concerne qu'une partie des prisonniers politiques, laissant encore des centaines d'autres derrière les barreaux.
Alors que l’ombre de l’autoritarisme de Nicolas Maduro plane sur le pays, cette ouverture reste précaire. En effet, malgré la libération de 450 prisonniers, d’après l’ONG Foro Penal, environ 600 personnes demeurent détenues uniquement pour avoir exprimé leurs opinions politiques.
Amnistie incomplète
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a promis que cette loi d’amnistie marquerait le début d’un nouveau chapitre pour le pays. « Il faut savoir demander pardon et aussi pardonner », a-t-elle déclaré, incitant à une réflexion sur les violences subies par les opposants durant deux décennies de régime autocratique. Néanmoins, l’amnistie ne couvre pas l’ensemble des atrocités commises sous Hugo Chávez et Nicolas Maduro, ce qui soulève de nombreux doutes sur son efficacité.
Gonzalo Himiob, directeur de Foro Penal, a souligné que cette loi exclude de nombreux faits de persécution politique, notamment ceux qui se sont déroulés en dehors des treize périodes spécifiques mentionnées dans la loi. Cela pourrait amputer les chances d’une réconciliation durable. De plus, des cas comme celui de Maykelis Borges, libérée après avoir accouché en prison, témoignent de la cruauté du système judiciaire.
Un futur incertain
La communauté internationale continue de suivre de près les développements au Venezuela, particulièrement en raison des implications géopolitiques qu'une telle amnistie pourrait engendrer. Plusieurs experts, comme Edmundo Gonzalez Urrutia, soulignent que tout processus de réconciliation devra inclure des réparations pour les victimes de l'État.
Avec une population qui aspire à un changement, il devient urgent pour le Venezuela de ne pas seulement chercher à libérer des prisonniers, mais aussi à guérir les blessures profondes causées par des années de répression. La fin de cette amnistie pourrait-elle être un nouveau départ ou un simple changement de façade ? Seul l'avenir dira si l'espoir d'une Venezuela libre et démocratique peut réellement se concrétiser.







