Face à la pénurie de médecins et d’enseignants, sept députés de gauche ont effectué des visites dans divers établissements de détention pour mineurs à travers la France, notamment à Porcheville (Yvelines) et Gradignan (Gironde), afin de s'informer sur la prise en charge des 800 jeunes détenus.
"Notre objectif est de faire un état des lieux des conditions d’incarcération et de l’exécution des peines pour ces jeunes", a déclaré le député écologiste Pouria Amirshahi à l’AFP, après une visite au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, inauguré il y a deux ans.
Il a exprimé son inquiétude face à la détention prolongée de certains jeunes en attente de jugement, tout en soulignant que l’incarcération devrait demeurer une exception. "Le manque d’effectifs aggrave la situation", a-t-il ajouté.
En pleine période de vacances scolaires à Bordeaux, la visite a révélé une atmosphère calme, avec seulement quatre des dix-neuf détenus présents. Habituellement, les jeunes sont regroupés par tranches d’âge dans des salles de classe adaptées, équipées de tableaux et de cartes géographiques.
Au 1er janvier 2026, la France comptait 787 mineurs en détention, répartis dans 43 quartiers dédiés. Benjamin Lucas, député de Génération.s, a affirmé qu’un cadre adapté est essentiel pour la protection des jeunes, rappelant qu'à cet âge "on est encore des enfants".
Au sein de l’établissement, le nombre maximum de détenus est fixé à 59. Le personnel éducatif s'efforce de réduire le temps passé en cellule à deux ou trois heures par jour pour ceux ayant un bon comportement, selon un surveillant qui a souhaité garder l'anonymat.
Cependant, une absence de soutien psychologique se fait cruellement sentir, aucun pédopsychiatre n’étant en fonction depuis 2020. En cas de besoin, une cellule de protection a été aménagée, mais elle ne peut accueillir un jeune que si une prise en charge médicale est garantie rapidement.
La tragédie d’un adolescent de 16 ans, décédé en 2024 sans que des signes précurseurs aient été détectés, rappelle l’urgence de la situation. Ce cas illustre les défis auxquels font face les équipes en matière de santé mentale.
Quant à l’éducation, les mineurs continuent à suivre des cours grâce à une dizaine d’enseignants, mais des difficultés sont rencontrées, notamment pour ceux qui ont des troubles de l’attention. "Nous devons adapter les programmes pour permettre à chacun de progresser", indique une enseignante sous couvert d’anonymat.
Des initiatives intéressantes se mettent en place avec des projets comme l'écriture de nouvelles et des partenariats avec des librairies. Une enseignante souligne qu'ils investissent l'argent sur les élèves pour leur permettre d'accéder à des formations ou des sessions de conduite.
Malgré un environnement de travail jugé satisfaisant par certains éducateurs, la situation globale reste préoccupante. Un membre du personnel mentionne qu'il a été menacé, illustrant ainsi la complexité du milieu. Les députés continuent de revendiquer des changements nécessaires pour assurer la sécurité et le bien-être des jeunes en détention.







