Cette année, les musulmans de France sont confrontés à une confusion sans précédent concernant le début du ramadan. La Grande Mosquée de Paris et le Conseil français du culte musulman (CFCM) ont annoncé des dates divergentes, provoquant une incompréhension chez de nombreux fidèles.
Alors que certains annoncent le début du mois sacré pour le mercredi 18, d'autres fixent la date au jeudi 19. Traditionnellement, cette date est déterminée par l'observation du croissant lunaire, mais cette année, la situation s'avère particulièrement chaotique.
La Grande Mosquée de Paris a déclaré, grâce à une combinaison de calculs scientifiques et d'observations lunaires, que le ramadan commencerait le 18. Cette décision est également soutenue par plusieurs pays, dont l'Arabie saoudite et le Qatar. Toutefois, le CFCM a choisi le 19 comme première journée de jeûne, s'appuyant sur des critères d'observation du croissant lunaire qui ne seraient pas réunis avant le 18.
Des pays comme la Belgique, la Jordanie et l'Algérie ont également opté pour le jeudi 19, ajoutant à la cacophonie ambiante. La situation est d'autant plus délicate pour les familles dont les membres pourraient être appelés à jeûner à des dates différentes.
Fidèles face à l'incertitude
Ce désaccord entraîne des désorientations parmi les cinq à six millions de musulmans en France, certains exprimant leur frustration sur les réseaux sociaux. "C'est déjà bizarre que nous ne jeûnions pas tous au même moment dans un même pays", partage une internaute, tandis qu'une autre souligne l'absurdité d'un changement de date peu avant le début du mois sacré.
Bien que ce désaccord puisse sembler secondaire pour certains, il est révélateur des divisions au sein de l'islam français et soulève des questions autour des rapports de la tradition à la science et de la politique au sein des instances religieuses.
La Grande Mosquée de Paris, inaugurée en 1926, a toujours été considérée comme la référence de l'islam en France, tandis que le CFCM, fondé en 2003 par Nicolas Sarkozy, s'est retrouvé pris dans des rivalités internes qui en ont fragilisé l'autorité.
Le ramadan 2026 pourrait ainsi devenir un symbole des défis auxquels l'islam en France fait face, surtout au moment où une parole unifiée semble plus nécessaire que jamais.







