Deux jours après le décès tragique de Quentin Deranque, un militant nationaliste, les ministres de l'Intérieur et de l'Enseignement supérieur, Laurent Nuñez et Philippe Baptiste, ont durci les règlements concernant les événements politiques dans les établissements d'enseignement supérieur. Une circulaire datée du 16 février 2026 a été envoyée aux recteurs et préfets, leur demandant d'exercer une vigilance accrue face à la recrudescence d'incidents graves lors de manifestations organisées par des étudiants, comme le rapporte 20 Minutes.
Quentin Deranque a été agressé en marge d'une conférence à Sciences Po Lyon, mettant en lumière les dangers potentiels liés à ces rassemblements politiques. Le gouvernement met ainsi l'accent sur la nécessité de préserver l'ordre public tout en respectant la liberté d'expression. Pour cela, la décision d'autoriser ou non ces événements revient aux présidents d'université, qui doivent analyser le contexte et le contenu des réunions proposées.
Divergence des universités face aux nouvelles mesures
Malgré les nouvelles recommandations, plusieurs universités, dont Sciences Po Lille et Sciences Po Paris, ont affirmé qu'elles n'avaient pas l'intention d'annuler leurs conférences. Alors que le service communication de Sciences Po Lille a mentionné qu'il n'y avait pas beaucoup d'événements prévues, celui de Sciences Po Paris a confirmé la tenue d'une grande conférence sur la guerre en Ukraine la semaine prochaine. Cette dernière souligne que le directeur de l'école avait déjà pris des mesures pour interdire certaines conférences en raison de risques de troubles.
Une position mesurée des universités face à la sécurité
Stéphane Braconnier, président de l'Université Paris-Panthéon-Assas, a déclaré à 20 Minutes: "La circulaire ne change pas beaucoup notre manière de fonctionner. Nous avons toujours veillé à équilibrer la liberté d’expression et le maintien de l’ordre public." Il attire également l'attention sur la tendance de certaines manifestations à glisser dans la propagande politique, ce qui complique le travail des responsables universitaires. Les établissements universitaires doivent jongler entre leur mission d’éducation et les impératifs de sécurité.
La mort de Quentin rappelle les responsabilités des décideurs publics en matière de sécurité et d'organisation d'événements. À cet égard, Braconnier souligne que les universités doivent rester des espaces de débat et d'échange, tout en maintenant un cadre sécurisé pour tous.







