Ce mardi, l'Institut du monde arabe (IMA) entame une période de transition décisive avec le conseil d'administration convoqué pour officialiser la démission de Jack Lang, ancien ministre de la Culture de 86 ans, dont le départ est teinté par des accusations liées à Jeffrey Epstein.
Après 13 années à la présidence de cette institution tant culturelle que diplomatique, Jack Lang a été contraint de se retirer le 7 février, après que ses liens avec Epstein, un financier controversé décédé en prison en 2019, ont été mis en lumière. Un examen approfondi de ses interactions avec des personnalités problématiques a conduit à des perquisitions mardi dernier à son bureau à Paris, dans le cadre d'une enquête sur un éventuel blanchiment d'argent via une société offshore créée par sa fille et Epstein.
Des agents de police ont également fouillé son domicile alors que des informations récentes indiquent le lancement d'une enquête par le parquet national financier, suite à la publication de nombreux documents américains liés à l'affaire Epstein.
Lang, face à ces accusations, a déclaré lors d’un discours à ses collaborateurs que cette situation représente une "campagne de calomnie". Sa décision de quitter le poste vise, selon lui, à préserver la réputation de l'IMA.
La recherche de son successeur alimente de vives spéculations dans le monde politique. Le conseil d'administration, composé de 14 membres, se réunit ce matin pour acter officiellement la démission de Lang, qui a contribué à financer l'IMA à hauteur de 12,3 millions d'euros par an.
Trois candidats principaux se distinguent pour remplacer Lang : Karim Amellal, ancien délégué interministériel pour la Méditerranée ; Olivier Poivre d'Arvor, ex-ambassadeur en Tunisie ; et Anne-Claire Legendre, ancienne porte-parole du Quai d'Orsay, souvent citée comme favorite. Ces candidatures ont été examinées par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a pris connaissance de l'évaluation de leur profil.
Cependant, selon des sources proches du dossier, il est possible que le conseil retarde sa décision afin d'analyser en profondeur les candidatures en lice pour ce poste influent. Fondé en 1980, l'IMA se veut un pont culturel entre les mondes arabe et français. Après avoir longtemps souffert d'un manque de visibilité, l’institution a attiré environ 750 000 visiteurs en 2023. Une nouvelle direction pourrait redéfinir son rôle et son impact sur les relations internationales.







