Une association pour la santé des enfants reproche à l’État un délai jugé inadmissible.
La situation devient préoccupante. L'Association pour la santé des enfants a engagé une procédure devant le tribunal administratif de Paris pour signaler "la carence grave de l'État" dans la gestion du problème lié aux laits infantiles contaminés.
Des industriels comme Nestlé, Danone et Lactalis ont lancé des rappels dans plus de 60 pays, incluant la France, après un risque de contamination par la céréulide, une toxine liée à un fournisseur chinois.
Le président de l'association, Quentin Guillemain, a déclaré : "Un mois pour retirer des produits contaminés n'est pas un exemple du principe de précaution." Historiquement, l'association a été créée suite au scandale des laits contaminés aux salmonelles chez Lactalis en 2017.
Appel à la suspension immédiate des chaînes de production
Dans sa requête urgente, l'association exige que l'État ordonne le rappel de tous les laits infantiles contenant de l'huile produite par le fabricant chinois Cabio Biotech. Les marchés financiers réagissent : l’action de Nestlé est en baisse de 6 %, tandis que celle de Danone a chuté de 10 % depuis le lancement des rappels.
En 2017, face à la contamination par des salmonelles, le ministère de l’Économie avait suspendu les ventes de produits Lactalis. Aujourd'hui, l'association revendique non seulement un arrêt temporaire de la mise sur le marché des laits concernés, mais également la "suspension administrative immédiate" des lignes de production des usines en France, y compris celles de Lactalis, Danone, Nestlé et Vitagermine.
Sur la base d'études scientifiques, l'association souligne la nécessité d'un nettoyage rigoureux des usines, car la bactérie responsable de la contamination est extrêmement persistante. Elle exige aussi des informations claires et la mise en place d'une enquête pénale élargie, au-delà des cas de décès de deux nourrissons à Bordeaux et Angers, liés à du lait Nestlé.
Pour encadrer cette crise, l'association appelle à l'établissement de normes européennes sur les contrôles et les limites de céréulide pour les produits destinés aux nourrissons. Le ministère de l’Agriculture a, pour sa part, indiqué que des recommandations avaient été faites aux industriels pour les rappels au-delà de 0,03 g de toxine par kilo de poids corporel.







