Dans un drame qui secoue le monde judiciaire, l'avocat des proches d'El Hacen Diarra, un homme décédé pendant sa garde à vue au commissariat du 20ᵉ arrondissement de Paris, a annoncé un dépôt de plainte pour "destruction de preuves". Les événements tragiques se sont produits dans la nuit du 15 au 16 janvier, suscitant colère et désillusion au sein de la communauté.
Selon une vidéo filmée par un voisin, on peut y voir deux policiers en train d'intervenir avec violence, l'un d'eux frappant l'homme, à terre. Cette scène choquante soulève des interrogations sur les protocoles de la police et sur la légitimité de leurs actions.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l'autorité publique", une décision survenue après la demande de l'avocat de la famille, Yassine Bouzrou. Cependant, l'absence d'images cruciales des caméras-piétons des policiers, qui, selon la version officielle, n'étaient pas fonctionnelles, a provoqué l'indignation de l'avocat, qui décrit cette explication comme "techniquement impossible et suspecte".
« Opacité persistante »
Bouzrou souligne que ces caméras ont une autonomie d'au moins douze heures, remettant en cause la crédibilité des affirmations de la police. Les témoignages et la vidéo amateur renforcent l'idée que des violences ont bien eu lieu.
Il rajoute : "Il est permis de penser que les images des caméras-piétons ont pu être détruites ou dissimulées aux enquêteurs afin d’éviter qu’elles servent de preuves contre des actes de violence au moment de l’interpellation de M. Diarra ou durant son transfert vers le commissariat".
La famille de Diarra a également noté l'"opacité persistante" de la procureure de Paris, Laure Beccuau, et de la juge d’instruction, qui refusent de communiquer des éléments essentiels comme les vidéos et les conclusions de l’autopsie. "Face à ces obstructions, nous demandons un dépaysement immédiat de l'enquête pour garantir son impartialité", ont déclaré ses proches.
Cette affaire soulève des enjeux cruciaux sur les relations entre la police et la communauté, des problématiques déjà largement médiatisées en France, alors que d'autres sénateurs et chercheurs, comme ceux cités dans une récente enquête de Le Monde, insistent sur la nécessité d’une réforme en profondeur des pratiques policières. La vérité doit éclater, car la justice demande transparence et responsabilité.







