Un incident troublant a secoué le monde politique français : Joël Guerriau, ancien sénateur de Loire-Atlantique, est actuellement jugé pour avoir drogué sa collègue, la députée Sandrine Josso, avec l'intention présumée de la violer. Ce procès, qui se tient les 14 et 15 novembre à Paris, met en lumière la problématique de la soumission chimique, phénomène alarmant à l'ère contemporaine.
Un tête-à-tête troublant
Le 14 novembre 2023, dans son appartement du 6ème arrondissement de Paris, Joël Guerriau, âgé de 56 ans, invite Sandrine Josso, 48 ans, à célébrer sa réélection au Sénat. Bien que la relation entre les deux politiciens soit amicale depuis une décennie, la soirée prend une tournure inquiétante dès l'instant où l'invitée réalise qu'elle est seule avec son hôte.
Peu après son arrivée, Sandrine Josso accepte un verre de champagne offert par Guerriau. Selon ses témoignages, le goût du breuvage lui semble étrange, et elle ressent rapidement des symptômes troublants : palpitations, nausées et tremblements. L'inquiétude monte lorsqu'elle aperçoit son hôte manipuler un sachet transparent qu'il dissimule dans un tiroir de la cuisine. Dans un état de panique, elle parvient à quitter les lieux, sollicitant de l’aide chez ses collègues.
Des analyses accablantes
Transportée à l’hôpital, des analyses regroupant des tests toxicologiques révèlent une intoxication sévère à l'ecstasy, avec une présence de MDMA dans son système à un niveau alarmant de 388 nanogrammes par millilitre de sang, bien au-dessus des seuils de consommation récréative. Ces résultats accréditent les suspicions que Guerriau aurait sciemment administré de la drogue à Josso, malgré ses dénégations.
La défense de Guerriau
Interpellé dès le lendemain, Joël Guerriau affirme qu'il n'avait aucune intention de nuire, parlant d'une "erreur d'inadvertance". Selon lui, il aurait mêlé un euphorisant à la boisson dans un moment de désespoir personnel. Une perquisition dans son domicile a cependant mis au jour un sachet de 30 grammes d'ecstasy, ce qui laisse à penser qu'il était en possession de cette substance pour d'autres raisons.
Les avocats de Guerriau, Mes Maria Roumiantseva et Henri Carpentier, ont annoncé que leur client partagerait ses vérités lors du procès. Ce dernier, démissionnaire depuis le 5 octobre, encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. Les témoignages et les recherches préalables sur Internet concernant les drogues et le viol ajoutent à l'éclat de cette affaire.
Pour Sandrine Josso, cette épreuve est particulièrement éprouvante. "Je prends cela comme une mission, explique-t-elle. J’estime que si j’ai réussi à m’échapper, il est de mon devoir de faire entendre ma voix pour toutes celles qui ne peuvent pas le faire." Son témoignage renforcé par la gravité des accusations appelle la réflexion sur la sécurité des femmes dans le monde politique, un sujet d'actualité soutenu par des experts comme Françoise Gaspard, sociologue et auteure sur les violences faites aux femmes.







