Le lundi 5 janvier, une quinzaine de tracteurs, accompagnés d'un nombre croissant d'agriculteurs, ont quitté la Dordogne en direction de Paris. Ce convoi fait écho à l’appel de la Coordination rurale, qui espère attirer l’attention des décideurs sur les inquiétudes croissantes du secteur agricole. Alors que certains agriculteurs manifestaient à Bergerac, d'autres prenaient la route vers la capitale, défiant ainsi l'interdiction préfectorale interdisant les rassemblements d’engins agricoles.
Au fil du trajet, le convoi a rencontré plusieurs obstacles, mais grâce à une organisation astucieuse, les manifestants ont réussi à déjouer les barrages mis en place par les forces de l'ordre. Justin Losson, co-président de la Coordination rurale de Dordogne, a souligné : "Nous travaillons dur depuis décembre, mais nos voix restent sans écho auprès des autorités. Il est essentiel que nous fassions entendre nos préoccupations à des niveaux supérieurs." Les agriculteurs exigent notamment un moratoire sur la surtransposition des normes et critiquent le protocole concernant la dermatose nodulaire contagieuse, qu'ils jugent inadapté.
Ce mouvement s'inscrit dans un contexte plus large de mécontentement dans le milieu agricole, où de nombreux professionnels estiment que leurs intérêts sont souvent négligés au profit de décisions bureaucratiques. À l’image de l’expert Thierry Pénin, professeur d'économie agricole à l'Université de Bordeaux, qui affirme : "Les agriculteurs doivent se faire entendre, surtout face aux mutations rapides du secteur et aux exigences croissantes de la réglementation." Les agriculteurs devraient reprendre la route après une nuit dans une ferme, prêts à poursuivre leur combat jusqu'à ce que leurs préoccupations soient prises en compte.







