Les médecins libéraux se mobilisent à partir du 5 janvier pour une grève de dix jours, s'opposant fermement au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026. Ce texte, s'il est adopté, imposerait des restrictions dans les prescriptions médicamenteuses ainsi qu'un plafonnement de la durée des arrêts maladie, des mesures jugées inacceptables par la profession.
Dans son cabinet à Lamotte-Beuvron, la médecin généraliste Laurence Petinay a dû ajuster son emploi du temps. "J'ai déplacé certains rendez-vous, notamment pour le suivi des maladies chroniques. À partir de maintenant, il sera impossible pour mes patients de prendre de nouveaux rendez-vous", précise-t-elle, affichant une détermination teintée d'inquiétude.
Pour Laurence, cette grève est un acte "à contrecœur", car elle ressent les conséquences sur sa patientèle. "On veut nous restreindre encore davantage la liberté de prescription. Demander l'autorisation de la Sécurité sociale pour prescrire certains médicaments, c'est un temps précieux perdu, renforçant une lourdeur administrative déjà pesante. En plus, on ne pourra plus choisir librement la durée des arrêts de travail..."
Les médecins craignent que le projet, tel qu'il est actuellement, ne crée une pression supplémentaire sur les pratiques médicales. "Cela risque de nuire à la confiance qui nous lie à nos patients", déclare-t-elle avec mécontentement.
En effet, selon des études récentes, les arrêts de travail pourraient être limités à un mois au maximum. Les contrôles de l'Assurance maladie se feront quant à eux de manière plus systématique, accentuant ainsi le climat de suspicion entourant les pratiques médicales. "Nous sommes formés pour réaliser des prescriptions après des examens cliniques approfondis. Nous ne sommes pas des bureaucrates", s'emporte Laurence.
Les préoccupations ne s'arrêtent pas là. De nombreux professionnels de santé redoutent que ces mesures exacerbent la crise des déserts médicaux en France. "Les jeunes médecins vont hésiter à s'installer en libéral. Des cabinets sont voués à fermer, et certains médecins à la retraite pourraient mettre fin à leur activité, car les modifications touchent également le cumul emploi-retraite", souligne-t-elle, mettant en garde contre une dégradation accélérée de l'accès aux soins dans certaines régions.
Pour faire entendre leur voix, de nombreux médecins se rassemblent à Paris le samedi suivant le début de cette grève. Cet appel à la mobilisation est vu comme une occasion unique de défendre non seulement leurs droits, mais aussi la qualité des soins apportés aux patients. D'assurance qu'il s'agit d'un combat essentiel, le collectif espère attirer l'écoute des décideurs publics, car la santé de demain est en jeu.







