Dans un retournement surprenant, Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse Delphine, disparue dans le Tarn depuis décembre 2020. Cette confession, révélée par la Dépêche du Midi, intervient à seulement deux mois de son procès en appel.
La confession de Jubillar est consignée dans un courrier manuscrit adressé à son avocat, Pierre Debuisson, qui a confirmé l'existence d'« aveux » auprès de l'AFP, indiquant également le désir de son client de faire face à sa culpabilité. Une conférence de presse est prévue par l'avocat, lundi prochain à 13h00.
Jusqu'à présent, Cédric Jubillar, peintre-plaquiste de 34 ans, avait toujours nié toute implication dans la disparition de l'infirmière de 33 ans. Son corps n'a jamais été retrouvé, et le tribunal l'a condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025. Il est attendu en appel à Toulouse à partir du 21 septembre.
En plus d'admettre sa culpabilité, Jubillar s'est dit prêt à révéler où il a caché le corps de Delphine. Lors de visites en prison, son avocat a noté un « lien de confiance » et a déclaré que son client éprouve un soulagement à l'idée de reconnaître son implication. Ce geste pourrait offrir une sépulture au corps de la mère de ses enfants, ce qu'il souhaite ardemment.
L'avocat de Jubillar a précisé que le peintre-plaquiste continuera à faire des révélations lors de son audition par les autorités judiciaires. Dans sa lettre, il mentionne une dispute avec sa femme, sans en dévoiler les détails.
Suite à cette reconnaissance, la présidente de la cour d'assises de la Haute-Garonne pourrait ordonner un supplément d'information, menant à une audition imminente. Selon des sources judiciaires, cela offrirait l'opportunité de recherches pour retrouver le corps de la victime.
En détention depuis juin 2021, Jubillar vit en régime d'isolement au centre de détention de Seysses, près de Toulouse. Bien que les gendarmes n'aient pas fourni de preuves totalement irréfutables lors de l'enquête, il avait été mis en examen pour homicide volontaire basé sur un faisceau d'indices concordants.
Cette volte-face survient après un changement d'avocat, avec des demandes soulevées concernant ses conditions de détention. Lors de son procès initial, Jubillar était représenté par Me Emmanuelle Franck et Me Alexandre Martin. En avril, son nouvel avocat avait insisté sur la dégradation de son état de santé due à des conditions jugées « indignes », remettant en question les bases d'un procès équitable.
La cour d'assises du Tarn avait conclu que le meurtre de Delphine était « caractérisé », en s'appuyant sur divers témoignages et réfléchissant au profil psychologique de l'accusé, qui ne semblait pas accepter le départ de son épouse pour un autre homme. La suite des événements risque d'être déterminante dans ce dossier emblématique.







