Ce samedi 4 juillet, des centaines de manifestants ont formé une chaîne humaine à Bernos-Beaulac, en Gironde, pour s'opposer fermement au projet de ligne à grande vitesse (LGV) reliant Bordeaux à Toulouse et Dax. Ce rassemblement pacifique marque une ultime tentative de préserver la vallée du Ciron avant le début des travaux de défrichement prévu en octobre.
Les pancartes brandies faisaient écho à la richesse environnementale de la région : "Patrimoine en danger", "Lascaux des arbres et de l'eau", et "Arche de Noé de la biodiversité". Les organisateurs affirment que la conjonction de la canicule et des projets d'abaissement des nappes phréatiques, notamment pour réaliser des travaux, menace ce refuge climatique précieux.
Près de mille personnes, comprenant des familles, des jeunes, des élus et des sylviculteurs, ont pris part au rassemblement, rythmées par des tambours et des chants militants. "Nous ne nous battons pas contre le train ou le TGV, mais contre cette nouvelle ligne. Nous voulons plutôt un train du quotidien et la rénovation des infrastructures existantes", a déclaré Richard Lavin, 75 ans, membre du collectif citoyen LGV NiNa.
Jacqueline Bloy, 94 ans, a exprimé sa colère : "C'est de l'argent gaspillé. Avec tous les défis liés au réchauffement climatique, saccager un site aussi beau que le Ciron est incompréhensible".
Ce projet ambitieux vise à réduire le temps de trajet entre Toulouse et Paris à trois heures et dix minutes d'ici 2032, avec une fréquence accrue vers l'Espagne. Cependant, le coût du projet, estimé à 14 milliards d'euros en 2020, pourrait augmenter de 20 % en raison de l'inflation, selon un rapport du Conseil d'orientation des infrastructures remis au gouvernement.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a récemment déclaré le projet "irréversible" et a confirmé un financement entièrement public, éliminant l'idée d'un partenariat public-privé. Les élus locaux et les opposants à la LGV jugent ce financement "irréaliste", avec des urgences ailleurs, notamment dans les domaines de l'éducation et de la santé.
L'autorisation environnementale accordée en février permettra le lancement de sondages géotechniques dès octobre, et Olivier Jean, co-président de l'association Amis de la Terre, avertit que cela pourrait être le "début du massacre que nous refusons d'accepter".







