La France est en émoi après le viol et le meurtre tragique de Lyhanna, une fillette de 11 ans. Ce samedi 4 juillet, des milliers de personnes ont investi les rues du pays pour exiger l'instauration d'une loi-cadre complète visant à lutter contre les violences sexuelles à l'égard des femmes et des enfants.
À retenir
- À Paris et dans environ 80 autres villes, des milliers de manifestants, regroupés par des associations féministes et de défense des droits des enfants, ont exigé une réponse globale suite à l'affaire Lyhanna, révélant les lacunes du système judiciaire.
- Une coalition regroupant 160 organisations demande une loi "à 360 degrés", touchant tous les aspects allant de la prévention jusqu'à l'accompagnement des victimes, avec une proposition de loi de 78 mesures en cours de discussion.
- Le gouvernement a annoncé un examen d'une future loi d'ici l'automne, après des arbitrages prévus mi-juillet, mais les associations restent vigilantes, redoutant un projet de loi édulcoré, financé par un budget d'environ 3 milliards d'euros par an.
"Pour Lyhanna, nous n'oublions pas !" scandaient des milliers de manifestants à travers le pays, soulignant leur colère face aux violences sexuelles. Parmi eux, Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, a affirmé : "Nous ne pouvons accepter une justice qui protège les agresseurs, comme en témoignent les 94 % de classements sans suite des plaintes pour viol."
Un cri de ralliement pour une loi à 360 degrés
Les organisateurs de la manifestation exploitent l'émotion générée par le drame pour revendiquer des mesures ambitieuses globales contre ces violences, incluant la prévention, le traitement judiciaire, et un soutien accru aux victimes. Cette demande de loi-cadre intégrale a été formulée par plusieurs groupes depuis la fin de l'année dernière.
Des rassemblements ont également eu lieu dans des villes comme Agen, Dijon ou Toulouse. À Rennes, un père de famille, François Rouillard, s'est exprimé : "Il est urgent d'initier l'éducation dès l'école sur le respect entre les genres."
La coalition des organisations féministes et de défense des droits des enfants soutient qu'il est vital d'"identifier le caractère systémique des violences dans notre société patriarcale" et de développer une loi "globale" au lieu de mesures fragmentaires souvent imposées par l'urgence des cas médiatiques.
Des actions soutenues par une coalition élargie
Cette coalition, qui regroupe initialement 130 organisations, a élaboré un ensemble de 140 mesures inspirées de modèles internationaux, comme celui de l'Espagne. Une proposition de loi a récemment émergé, déposée par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, soutenue par une centaine de parlementaires majoritairement de gauche.
Depuis l'affaire Lyhanna, elles organisent des rassemblements hebdomadaires devant les tribunaux et le ministère de la Justice à Paris. Plus de 340 000 signataires ont déjà soutenu une pétition en ligne pour faire avancer cette loi.
Des promesses gouvernementales mais des craintes persistantes
Face à ce drame, le gouvernement a promis de prendre des mesures contre la pédocriminalité, quelques-unes inspirées des recommandations de ces associations. Certaines de ces mesures sont intégrées dans un projet de loi sur la protection des enfants, à examiner à l'Assemblée nationale prochainement.
La ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a annoncé que le gouvernement rencontrera les parlementaires mi-juillet pour discuter des prochaines étapes. Toutefois, les organisations continuent de faire pression, craignant que certaines dispositions nécessaires ne soient pas retenues. Leur exigence demeure : une loi et un budget adaptés à la réalité des violences rencontrées, estimés à environ 3 milliards d’euros par an.







