À l'approche de la fin de son mandat, Claire Hédon, Défenseure des droits, formule un constat alarmant sur l'état des droits en France. Les cas de discriminations explosent, la liberté de manifester est constant dans l'épreuve, et les relations entre policiers et citoyens sont de plus en plus tendues.
Au cours de son mandat, les saisines reçues par son institution ont augmenté de 70 %. En 2026, ce chiffre pourrait atteindre 200 000 dossiers, selon des prévisions. Claire Hédon s'inquiète tout particulièrement des contrôles d'identité ciblant des jeunes issus de milieux populaires, rappelant que cela creuse encore plus le fossé entre la police et la population.
Vers une dégradation des relations avec la police
« Cette question des contrôles d'identité est centrale. Je suis effrayée par ce que j'observe », déclare-t-elle, précisant que la multitude des amendes peut entraîner des spirales de surendettement parmi la jeunesse. Le manque de politiques efficaces pour lutter contre ces discriminations marque un réel souci pour l'avenir de notre démocratie.
Hédon évoque aussi le manque de responsabilisation au sein des forces de l'ordre, où les sanctions sont souvent absentes. Elle insiste sur l'importance de la transparence, laissant entendre que l'utilisation systématique de caméras-piétons par les policiers serait bénéfique tant pour le public que pour les agents eux-mêmes.
Des signes avant-coureurs inquiétants
Des incidents récents, tels que l'agression de Michel Zecler par des policiers ou la mort de Nahel Merzouk, soulignent l'urgence d'une réponse rapide et ferme face à de telles dérives. « Les sanctions doivent être appliquées rapidement pour restaurer la confiance du public envers la police », fait-elle remarquer.
Les préoccupations de Claire Hédon s'étendent aussi aux restrictions de la liberté de manifester, surtout à l'égard des mouvements écologistes. « Une démocratie se mesure non seulement par les élections, mais aussi par le respect des droits fondamentaux », souligne-t-elle.
À l'aube de la passation de son mandat, Hédon se sent entourée de nuages menaçants. « Je suis excessivement inquiète de l'accumulation des interdictions de manifester », conclut-elle, faisant écho aux préoccupations d'autres acteurs de la société civile.







