Trump à Evian : entre annonces sur Ormuz et tensions diplomatiques

À Evian, Trump mise sur un accord avec l'Iran tout en minimisant l'initiative de Macron.
Trump à Evian : entre annonces sur Ormuz et tensions diplomatiques
©SIMON WOHLFAHRT, AFP - Un écran d'ordinateur au siège de l'AFP à Paris montre le président Emmanuel Macron lors d'une interview diffusée au journal télévisé de TF1 en marge du sommet du G7 à Évian,

Donald Trump a posé le pied lundi au sommet du G7 à Evian, en France, après avoir négocié un accord avec l'Iran pour rouvrir "complètement" le détroit d'Ormuz le vendredi suivant. Curieusement, il a minimisé l'initiative multinationale que son hôte Emmanuel Macron promeut pour garantir la sécurité de ce passage stratégique.

Bien que les détails de cet accord restent secrets pour l’instant, le président américain est attendu pour en dire plus dès le dîner d’ouverture avec les autres dirigeants du G7, comprenant l’Allemagne, le Canada, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Une réunion spéciale avec les dirigeants de l’Égypte, des Émirats arabes unis et du Qatar est également prévue le lendemain.

Les réactions des États-Unis et de l'Iran laissent planer une certaine incertitude. À son arrivée à Genève, puis à Evian par hélicoptère, Trump a été accueilli à l'hôtel Royal par des membres du protocole français plutôt que par Macron lui-même, un malheureux détail pour un événement de cette portée.

Après une poignée de mains moins chaleureuse que par le passé, Trump a qualifié Macron de "spécial ami". Le président américain, qui a récemment célébré son 80e anniversaire avec un spectacle de MMA à la Maison Blanche, a déclaré que le texte de l'accord serait rendu public "après vendredi", jour de la signature à Genève. Il a confié que le détroit d'Ormuz serait alors "entièrement ouvert".

Interrogé sur la force multinationale que Paris et Londres proposent de déployer pour la sécurité de la région, Trump a semblé désintéressé : "Je ne pense pas que nous aurons besoin de beaucoup d'aide," a-t-il affirmé. "Un ou deux navires de votre pays suffiraient, bien que ce ne soit pas une mauvaise idée." Emmanuel Macron a rétorqué qu'il était prêt à "aider", tout en admettant que cette aide pourrait ne pas être nécessaire.

Le président français avait précédemment indiqué que le porte-avions Charles-de-Gaulle pourrait être déployé dans la semaine suivant un feu vert américano-iranien. Un autre sujet de tension concerne la possibilité de péages dans le détroit d'Ormuz. Macron a insisté sur le fait qu'il ne fallait pas en imposer, en vertu du "droit international", afin d'éviter une hausse des prix, une position qui semble avoir trouvé écho chez Trump.

La réticence des pays du G7, à l'exception des États-Unis, à intervenir dans les conflits au Moyen-Orient avait déjà attisé les foudres du président américain. Lors de ce sommet, les autres dirigeants, tels Keir Starmer, Mark Carney, Giorgia Meloni, Sanae Takaichi et Friedrich Merz, se sont joints au groupe, alors que d'autres sujets épineux, comme le commerce et la situation en Ukraine, figuraient à l'agenda.

Avant son arrivée en France, Trump n’a pas hésité à menacer d'imposer des droits de douane sur le vin français, soulignant ainsi son intention de défendre les intérêts économiques des États-Unis. Cette menace a provoqué une réaction rapide de Macron, qui espère ménager son homologue pour garantir une coopération jusqu'à la fin du sommet.

Concernant le conflit en Ukraine, aucune avancée n'est à prévoir, alors que Volodymyr Zelensky appelle à une "réponse décisive" face aux récents bombardements russes, ayant causé des pertes humaines et endommagé un site classé par l'UNESCO à Kiev. Bien que Trump ait reconnu la possibilité de "faire quelque chose" à ce sujet, son discours laisse planer le doute quant à l'impact qu'il pourrait avoir.

Emmanuel Macron, ainsi que ses homologues européens et canadiens, devrait réitérer l’importance de soutenir l’Ukraine en exerçant davantage de pression sur Moscou via de nouvelles sanctions. Zelensky a même exprimé son souhait de rencontrer Vladimir Poutine lors du G7, bien que la Russie ne semble pas encore prête à négocier.

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