Le 24 juin prochain, un article du projet de loi 'Relance logement', présenté en Conseil des ministres, prévoit de déléguer la gestion des dossiers d’aides publiques à la rénovation aux collectivités locales. Cette décision suscite des inquiétudes parmi de nombreux acteurs du secteur, qui craignent un affaiblissement des dispositifs en place, comme l’a révélé Le Parisien.
Cette modification, inscrite dans le projet de loi 'Relance logement', en cours d’élaboration, vise à modifier la gouvernance de MaPrimeRénov'. Le gouvernement propose de céder une partie de son administration aux collectivités locales, alors que jusqu’à présent, le dispositif était principalement supervisé par l’Anah (Agence nationale de l'habitat). D’après Le Parisien, cette réorganisation pourrait porter atteinte à son efficacité.
Le syndicat représentant les entreprises du bâtiment, la Capeb, exprime des préoccupations face à cette évolution. Il attire l'attention sur le risque d'une cessation totale des monogestes, prévue pour septembre prochain. "Cela constituerait un coup dur intolérable, déclare le syndicat. Les monogestes représentent un accès privilégié à la rénovation par étapes pour les Français, apportant des bénéfices immédiats en termes de confort et de pouvoir d’achat."
Dans un contexte de strict contrôle budgétaire, où le gouvernement s’efforce de réaliser des économies pour stabiliser les finances publiques d’ici 2026, il se pourrait que MaPrimeRénov’ subisse des coupes budgétaires significatives, exacerbées par les tensions causées par le conflit au Moyen-Orient.
Actuellement, seules les demandes d’aides soumises par des ménages à revenus modestes et très modestes pour des rénovations complexes, combinant diverses interventions comme l’isolation ou le remplacement de systèmes de chauffage, sont examinées par les directions départementales des territoires (DDT). Les monogestes, quant à eux, restent exclusivement sous la gestion de l’Anah, en particulier en Île-de-France.
La rénovation énergétique : un défi de gestion
"La rénovation est devenue une politique publique que plus personne ne souhaite gérer, tant elle est complexe," confie un acteur du secteur au Parisien. "C’est une patate chaude que les gouvernements, collectivités et même certains acteurs privés se passent pour éviter de répondre aux problématiques récurrentes. Malheureusement, de nombreuses entreprises, et en particulier les petites PME locales, connaissent des difficultés en l’absence d’une vraie stratégie de pilotage."
De son côté, le ministère du Logement aspire à plus de précisions. "Nous devons impérativement sortir de cette logique du 'stop-and-go' qui désoriente tous les acteurs, qu’ils soient particuliers ou professionnels, tout en préservant l’objectif initial de rénovation," déclarait Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, lors d’une interview au Parisien le 13 décembre dernier.
Depuis le lancement du dispositif MaPrimeRénov', trois millions de logements ont bénéficié de rénovations. Toutefois, la suspension temporaire de cette aide, entre la fin juin et la mi-septembre 2025, a gravement impacté le secteur. À la réouverture, au moins 80 000 dossiers étaient en attente, dont 45 000 pour des maisons individuelles et 38 000 pour des copropriétés. "Tous les dossiers déposés en 2025 seront traités en 2026," a promis le ministre à nos confrères du Parisien.







