Les traitements anti-obésité Wegovy et Mounjaro connaissent un véritable engouement à l'échelle mondiale. À partir de lundi, ces médicaments seront remboursés à hauteur de 65 % par l' Assurance maladie en France, mais sous des conditions strictes.
Ces analogues du GLP-1, qui aident à réguler la glycémie tout en favorisant la perte de poids, s'adressent aux patients souffrant d'obésité massive, qu'elle soit sans comorbidité ou sévère avec comorbidité.
Des prix uniformes et des prescriptions limitées
À compter de cette mise en vigueur, seuls les médecins des établissements spécialisés, tels que les centres de l'obésité (CSO), auront la responsabilité de prescrire ces traitements. L’ordonnance doit être accompagnée d’un formulaire de prise en charge spécifique.
Eric Myon, pharmacien à Paris et secrétaire général de l’Union Nationale des Pharmacies de France, indique que « tous les prix de ces GLP-1 seront désormais uniformes en France », mettant fin à une pratique où les prix variaient selon les officines.
À court terme, Myon ne s’attend pas à une explosion de la demande. Selon lui, il sera difficile pour les médecins de consulter tous les patients désirant un traitement, et ceux qui souhaitent continuer leur prescription en dehors des critères établis « continueront à acheter ces médicaments sans prise en charge ». Cette réforme pourrait potentiellement toucher un million de personnes, mais le ministère de la Santé anticipe un chiffre plus bas, estimant à cent millions d'euros le coût total pour l'Assurance Maladie d'ici 2027.
Un marché en plein essor
Ce changement intervient dans un contexte où le marché de l’obésité en France a déjà atteint plus de 150 millions d’euros, une croissance spectaculaire multipliée par 20 depuis 2024, selon Iqvia. Depuis le lancement de Wegovy en octobre 2024, le nombre de ventes mensuelles a augmenté de 23 %.
Avec l’introduction de nouvelles formulaires, notamment les versions en comprimés, les ventes devraient encore se renforcer. Face à cette émergence, certaines mutuelles envisagent d’élargir leur couverture, notamment pour les individus qui ne répondent pas aux critères de remboursement. Olivier Milcamps, directeur d’études chez Harmonie Mutuelle, a déclaré : « Ce secteur est encore à façonner pour nous en tant qu'assurance complémentaire. Nous allons étudier un modèle tarifaire tout en réfléchissant aux implications de l’abandon d’ouverture d’un programme d’activité physique adaptée par les adhérents. »







