Genève va vibrer au rythme de milliers de manifestants ce dimanche, avec une vigilance accrue des forces de l'ordre, à l'aube de l'ouverture du G7 en France. Près de vingt ans après les violences marquantes du G8 de 2003, la coalition "No-G7", unissant diverses associations, syndicats et partis de gauche, choisi ce 14 juin, coïncidant avec la journée de mobilisation féministe en Suisse, pour exprimer une "riposte internationaliste" contre les politiques du G7 et dénoncer "le fascisme et l’impérialisme".
Ce sommet, prévu de lundi à mercredi, rassemblera les dirigeants des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon et de la France, qui en est l'hôte cette année, ainsi que des représentants de l’Union européenne. En parallèle, Donald Trump a suggéré d’inclure la Russie afin de restituer le format originel du G8. De son côté, Emmanuel Macron a convié des dirigeants supplémentaires, notamment du Brésil, de la Corée du Sud, de l’Inde et du Kenya, pour rendre les discussions plus inclusives vis-à-vis des pays émergents, tout en se penchant sur les déséquilibres économiques mondiaux, selon l'Élysée.
Après une rencontre avec le Premier ministre indien Narendra Modi à Nice, Macron est attendu à Evian le soir même, tandis que Trump est prévu pour lundi.
Un dispositif de sécurité renforcé
Dans un climat tendu, les autorités suisses ont donné leur feu vert pour la marche à Genève, tout en déployant un appareil policier conséquent pour assurer le maintien de l'ordre et prévenir toute répétition des troubles de 2003, marqués par des émeutes et des pillages. De nombreux commerçants, toujours marqués par ces événements, se sont préparés en barricadant leurs établissements. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont également pris des mesures pour faire face à un éventuel afflux de blessés, installant des tentes devant leurs portes.
Alice Lefrançois, porte-parole de la coalition, a tenté d'apaiser les tensions : "Nous espérons vivre un beau week-end avec des moments positifs. Il y aura un service d'ordre pour protéger les manifestants d'agressions extérieures et un espace familial... Nous pensons que ce sera un moment sympathique."
Fermeture de 25 points de passage
En comparaison avec 2003 où des dizaines de milliers de militants s'étaient mobilisés, cette fois-ci, les mouvements altermondialistes français ont renoncé à des manifestations massives, notamment à Annemasse, à cause des rigueurs imposées par les autorités. Carole-Anne Kast, ministre genevoise de la Sécurité, a exprimé sa déception quant au manque d'opportunité de dialogue. Toutefois, des événements alternatifs sont prévus à Genève.
Le sommet se déroule à Evian, mais les dirigeants arriveront majoritairement par Genève, où jusqu'à 4 000 soldats et 16 000 policiers français et suisses seront mobilisés. La sécurité sera ainsi renforcée par des contrôles frontaliers stricts et la fermeture de 25 des 35 points de passage routiers depuis jeudi dernier, entraînant des perturbations dans la circulation.







