Les Suisses se rendent aux urnes ce dimanche 14 juin pour un référendum déterminant, où ils devront choisir entre une initiative populaire anti-immigration et un projet gouvernemental visant à renforcer les critères d'accès au service civil pour préserver le caractère prioritaire du service militaire.
En Suisse, la majorité des électeurs choisissent de voter par correspondance. Les bureaux de vote ouvrent seulement quelques heures, et les résultats préliminaires sont attendus dans l'après-midi.
Les résultats des sondages récents montrent que ces scrutins s'annoncent extrêmement serrés. Bien que le non semble légèrement en tête concernant l'initiative sur l'immigration, son adoption pourrait bouleverser les relations entre la Suisse et l'Union européenne, avec laquelle le pays maintient des liens économiques forts malgré son statut de non-membre.
Un quart d'étrangers au sein de la population
Cette initiative, portée par l'Union démocratique du centre (UDC), premier parti du pays, vise à limiter l'immigration considérant que 25 % des résidents sont étrangers. Si la population dépasse les 10 millions d'ici 2050, la Suisse se verrait contrainte de dénoncer l'accord de libre circulation avec l'UE et d'autres accords bilatéraux liés à l'asile et à la sécurité.
Les partisans affirment que la Suisse est confrontée à des problèmes tels que la pénurie de logements, la hausse des loyers, un paysage de plus en plus urbanisé, ainsi qu'une augmentation de la criminalité et des tensions dans le système de santé.
"Un petit pays pas extensible"
"La Suisse est un petit pays qui n'est pas extensible" et nous "ne voulons pas accueillir l'Europe entière ni toute la misère du monde", a déclaré à l'AFP Yvan Pahud, député UDC.
Cette initiative est rejetée par le gouvernement, les principaux partis, ainsi que par le Parlement et le patronat. Pour qu'elle soit adoptée, elle doit obtenir une double majorité, tant parmi les votants que dans les 26 cantons suisses.
Selon une déclaration récente du ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans, citée dans la Tribune de Genève, "le 14 juin, la Suisse fera face à son propre Brexit. En cas de oui, nous nous retrouverions isolés".
Un autre vote prévu sur l'accès au service civil
Les Suisses se prononcent également sur un projet de loi visant à durcir l'accès au service civil, en réponse aux tensions géopolitiques actuelles qui poussent de nombreux pays à renforcer leurs capacités militaires.
La gauche, à l'origine de cette proposition, juge qu'elle pourrait mettre en péril l'existence même de cette alternative au service militaire. Un sondage montre que les opinions sont divisées, avec 48 % en faveur et 46 % contre cette réforme.
Depuis 1996, il est possible de faire un service civil en tant qu'objecteur de conscience, mais le gouvernement s'inquiète de l'augmentation de leur nombre, car la commission de vérification a été dissoute en 2009.







