Le président américain Donald Trump s'apprête à marquer de son empreinte le sommet du G7 à Évian, en France, qui se déroulera du mardi au mercredi. Au cœur des débats, la sécurité dans le détroit d’Ormuz et le soutien à l’Ukraine seront des thèmes prioritaires pour le milliardaire de 80 ans, qui ne manquera pas d’imposer son style particulier aux autres dirigeants.
Concernant les intentions de Trump pour ce sommet, peu d’informations circulent, mis à part son flair pour orienter les discussions selon ses intérêts. La dynamique autour d’un accord de paix avec l’Iran pourrait influencer son approche, comme l’indique Liana Fix, chercheuse au Council on Foreign Relations, qui prédit que "gérer Trump" sera plus difficile que lors de son premier mandat.
À part la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, que Trump apprécie particulièrement, tous les autres participants au G7 — la France, les États-Unis, l’Allemagne, le Canada, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni — ont déjà été la cible des commentaires souvent acerbes de l’ancien président.
Se préparer au pire
Les dirigeants européens, conscients de la tendance de Trump à faire des vagues, s’attendent donc à des négociations épineuses. Liana Fix résume la situation en affirmant que “les Européens espèrent le meilleur tout en se préparant au pire.” D’autres experts comme Jackson Janes, du German Marshall Fund of the United States, s’attendent à ce que Trump adopte une approche franche sur des sujets délicats, malgré son impopularité croissante à domicile.
Victor Cha, analyste au Centre d’études internationales et stratégiques (CSIS), souligne également que Trump ne supporte pas de rester à l'écart des conversations mondiales.
Versailles et les enjeux stratégiques
Le président français Emmanuel Macron a convaincu Trump de rester pour un dîner à Versailles, prévu pour célébrer l’amitié franco-américaine. Cette rencontre se déroulera dans un cadre prestigieux, le palais ayant longtemps été un symbole des relations bilatérales. Macron a d’ailleurs ajusté les dates du G7 pour éviter qu'elles ne coïncident avec un événement de MMA à la Maison Blanche, marquant le 80e anniversaire de Trump.
Plusieurs experts estiment que la France a habilement mis en avant des thèmes qui intéressent Trump, notamment les déséquilibres commerciaux et la sécurité maritime.
Sécuriser Ormuz et soutenir l’Ukraine
Un responsable américain a jugé pertinent d’aborder les déséquilibres commerciaux lors du sommet. Trump pourrait exiger la contribution de ses alliés, en particulier la France et le Royaume-Uni, pour des opérations de déminage dans le détroit d’Ormuz, un point névralgique dans les relations internationales. Le président américain rencontrera également des dirigeants du Qatar, des Émirats et d'Égypte.
Nouvelles dynamiques pour l'Ukraine
Concernant l’Ukraine, les relations entre Trump et les acteurs traditionnels ont évolué. Max Bergmann, expert au CSIS, note qu’"aujourd'hui, l’Ukraine est moins dépendante des États-Unis" et que les Européens pourraient adopter une position moins conciliante face à Trump en 2025. Volodymyr Zelensky, conscient des tensions entourant cette rencontre, participera à une session avec les dirigeants du G7. Bien qu'aucune discussion bilatérale formelle ne soit prévue, un échange entre les deux dirigeants reste envisageable.







