Un mystère entoure des courriers anonymes reliés à une affaire non résolue depuis plus de deux décennies : l'assassinat de Christiane Commeau, dont le corps fut découvert dans l'Ain à Niévroz. Ces missives renferment des éléments issus de la collection de romans 'San Antonio'. Le pôle cold case de Nanterre est chargé de l'enquête.
Aux abords de Voiron, près de Grenoble, des lettres intrigantes ont été déposées dans plusieurs boîtes aux lettres. Bien que l'expéditeur demeure inconnu, les destinataires sont toutes des femmes solitaires. À l'intérieur, des romans policiers, principalement de la série San Antonio, sont accompagnés de sous-vêtements féminins et de notes manuscrites évoquant le meurtre non résolu de Christiane Commeau, tuée il y a 22 ans.
Un meurtre non élucidé
Dans cette petite ville de l'Isère, l'approche suscite curiosité et malaise. "Cela me paraît un peu effrayant. On dirait qu'on se moque de nous, mais d'une manière malsaine, " réagit une mère de famille. "C'est très intrigant, ça pose de nombreuses questions," ajoute une autre resident.
Âgée de 54 ans, Christiane vivant à environ 70 km, près de Lyon, avait disparu après une journée de courses en 2004. Son véhicule était dans le garage de son immeuble. Son corps est retrouvé dans un bois quatre mois plus tard, et elle a été abattue de deux balles dans la tête.
Sa famille reste sans réponses, mais ces envois anonymes pourraient raviver l'enquête. Les notes des courriers renferment des informations personnelles sur la vie de Christiane et s'adressent directement à elle. Par exemple, le corbeau s'interroge sur les lettres d'amour qu'il lui aurait écrites. "Les détails sont très précis : moments de grossesse, mariage, lieux fréquentés. Ce ne sont pas des éléments qu'on peut connaître par le simple hasard. On n'exclut pas l'idée que cela vienne du meurtrier ou d'un complice," indique Kathleen Letendre, la petite-fille de Christiane.
Les magistrats du pôle cold case s'interrogent sur les motivations de l'expéditeur
Christiane menait une vie calme, travaillant comme serveuse au Cercle bouliste. Juste avant sa disparition, elle avait mentionné à ses proches des sentiments d'être suivie. Son voisin, Dany Petit, demeurant sur place, s'interroge lui aussi sur l'identité de l'auteur des lettres : "Une connaissance intime est nécessaire pour écrire ça. Sinon, comment le savoir ? Ce n’est pas juste une personne qui partageait les détails de sa vie."
Les magistrats du pôle cold case de Nanterre tentent de percer les motivations derrière ces missives. "Cela pourrait être un moyen de revendiquer un acte ou d’affirmer une connaissance des événements passés. Il se peut aussi que nous ayons affaire à une personnalité perturbée," précise Marie-Céline Lawrysz, procureure adjointe.
Alors que l'affaire s'assombrit avec le temps, ces mystérieux envois pourraient offrir une nouvelle direction à l'enquête.
Sources :
Pôle national des crimes sériels ou non élucidés de Nanterre
Article du journal Le Monde







