Avec l’annonce d’un accord pour le rachat de SFR par ses rivaux, le secteur des télécoms français se rapproche d’un retour à trois opérateurs, une reconfiguration inédite depuis l’arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012.
Pourquoi passer à trois opérateurs ?
Au terme de plusieurs mois de négociations, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange se sont mis d’accord pour racheter SFR pour 20,35 milliards d’euros. Cette transition est plébiscitée depuis des années par les acteurs français. "Ils perçoivent un marché à quatre comme trop concurrentiel", souligne Marc Bourreau, économiste spécialisé dans les télécoms à Télécom Paris.
La plupart des consommateurs étant déjà équipés en mobile et internet, la demande est en légère décroissance, ce qui favorise une concurrence féroce et fait grimper les prix.
Une opération inédite
Ce démantèlement est le premier du genre en Europe. Bouygues s'acquittera de 42 % du prix de vente, Free 31 % et Orange 27 %, pour les environ 25 millions d'abonnés de SFR.
Cette transaction doit encore obtenir l'aval des régulateurs, une démarche qui pourrait prendre de 12 à 24 mois selon les experts.
Quelles conséquences sur les prix ?
Les prix des offres mobiles et des abonnements fixes en France sont déjà parmi les plus compétitifs d'Europe. "Je suivrai de près l'impact sur les prix", a déclaré le ministre de l'Économie, Roland Lescure.
"Cette opération ne doit pas conduire à une hausse significative des tarifs", a rassuré Christel Heydemann, directrice d'Orange. Selon Stéphan Dubreuil, une légère augmentation des prix pourrait survenir dans les prochaines années.
Sort des clients SFR
En matière de répartition des clients, Bouygues récupérera le segment B2B et environ 6,4 millions de clients grand public, tandis que Free héritera des clients RED by SFR et Orange de 4,9 millions d'abonnés. Côté emploi, les syndicats s'inquiètent pour les 8000 salariés de SFR, malgré des assurances d'emploi jusqu'en 2029.







