Ce mercredi 10 juin, la SNCF s'apprête à faire face à un défi majeur avec une grève de 24 heures, orchestrée par quatre syndicats représentatifs. Les travailleurs dénoncent l'ouverture à la concurrence sur le rail français, entraînant une perturbation importante du trafic : un TGV sur trois restera à quai, et un train Intercité sur deux sera annulé, particulièrement en Île-de-France.
Les syndicats, dont la CGT Cheminots, l’Unsa Ferroviaire, Sud Rail et la CFDT Cheminots, ont choisi judicieusement cette date, évitant les périodes de grands départs. Ils s'attendent à une mobilisation significative, soutenue par des anticipations inquiétantes sur l'annulation de nombreux trains. SNCF Voyageurs a déjà annoncé ces interruptions.
Pour faire face à la situation, la direction de la SNCF envisage d'utiliser des encadrants pour pallier l'absence de personnel cause de la grève, même si elle admet qu'elle ne pourra pas complètement remplacer les grévistes. « Notre objectif est d'assurer un service optimal pour nos clients », a déclaré un représentant de la SNCF.
Les syndicats reprochent au précédent leadership de la SNCF, mené par Jean-Pierre Farandou, la mise en œuvre de la concurrence qui, selon eux, contribue à un dysfonctionnement général. Ils demandent non seulement un moratoire sur l'arrivée de la concurrence mais aussi une revalorisation des salaires des cheminots, malgré les récentes augmentations prévues pour 2026, jugées insuffisantes face à l'inflation.
Treize suicides en 2026 : un appel au changement
Au-delà de leurs revendications sur les salaires, les syndicats appellent à un arrêt des réorganisations qui, selon eux, engendrent des crises sanitaires et sociales. Thierry Nier, secrétaire général de la CGT Cheminot, a souligné l'urgence d'aligner les droits des cheminots des différentes filiales, un sujet qui préoccupe grandement les employés. « Les négociations peuvent commencer dès aujourd'hui, la direction doit entendre notre appel », a-t-il insisté.
Jean Castex, devenu président de la SNCF en novembre 2025, avait promis de travailler pour un groupe ferroviaire unifié. Les syndicats lui demandent de tenir cette promesse tout en appelant l'État à retrouver son rôle stratégique face aux enjeux de fragmentation de l'entreprise.
En début 2026, les syndicats mettent en lumière une situation alarmante, marquée par treize suicides de cheminots, un chiffre inédit qui témoigne d'un profond mal-être au sein des équipes. Fabrice Charrière de l’Unsa Ferroviaire a décrit une atmosphère de malaise, exacerbée par l'angoisse des réorganisations et des pressions au travail.
Les revendications portent aussi sur la création excessive de sociétés filiales, censées répondre à la concurrence des régions qui cherchent à augmenter les dessertes ferroviaires tout en réduisant les coûts. Cette situation suscite des inquiétudes et demande une réflexion sérieuse sur l'avenir du service public ferroviaire en France.







