Les dirigeants Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont décidé de mettre un terme au projet d'avion de combat commun Scaf, comme l’a confirmé le gouvernement allemand le 8 juin. Ce programme, qui aurait dû renforcer la coopération franco-germano-espagnole, a été entravé par des tensions persistantes entre les géants de l'aéronautique Airbus et Dassault Aviation, malgré des investissements conséquents engagés durant sept années.
Selon les sources, Merz et Macron ont convenu de « ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun ». Ce choc dans le domaine de la défense survient après plusieurs mois de stagnation du projet, exacerbée par des divergences stratégiques entre l’Allemagne et la France. En février, le chancelier allemand avait déjà émis des doutes quant à l’avenir du Scaf, signalant les graves tensions entre les partenaires européens.
Le gouvernement allemand a précisé que « le président français et le chancelier allemand sont arrivés à un constat partagé concernant l'incapacité des entreprises à s'accorder sur les termes du projet ». Merz a donc conseillé à Macron d'abandonner l'idée d'un avion de combat unifié, en intégrant cette nouvelle à une réflexion plus large sur la défense européenne.
Un avion mais aussi des drones
Initié en 2017 sous l'impulsion d'Emmanuel Macron et d'Angela Merkel, rejoint par l’Espagne deux ans plus tard, le projet Scaf prévoyait un système complet englobant non seulement un nouvel avion de combat, mais également des drones interconnectés grâce à une technologie de communication avancée, surnommée « un cloud de combat ». Cela représentait l'ambition d'unir les forces aériennes européennes sous un même outil technologique, créant ainsi un véritable écosystème de défense.
Le gouvernement allemand a insisté sur l'importance de conserver l'esprit du projet, en considérant « le véritable noyau du Scaf comme un système de systèmes à l'échelle européenne ». Ils prévoient maintenant que les ministères de la défense des deux nations élaborent un plan de travail collaboratif, axé sur des projets pragmatiques qui peuvent réellement avancer lors du prochain conseil des ministres franco-allemand prévu en juin.
Ce recul dans le domaine de la défense soulève des préoccupations parmi de nombreux analystes, qui estiment que la collaboration au sein de l'Europe de la défense pourrait être compromise. Certains experts soulignent que la situation actuelle pourrait affaiblir la position de l'Europe face aux menaces internationales grandissantes.







