Les familles touchées par le tragique accident du Rio-Paris demandent désespérément l'appui de l'État, alors qu'Airbus et Air France s'engagent dans une énième procédure judiciaire.
Le 21 mai dernier, un verdict a condamné Airbus et Air France pour homicides involontaires, près de 17 ans après la catastrophe qui a coûté la vie à 228 personnes. Suite à ce jugement, les deux entreprises ont annoncé leur décision de se pourvoir en cassation, provoquant la colère et la consternation des proches des victimes. Dans une lettre à Emmanuel Macron, révélée par Le Parisien, Danièle Lamy, présidente de l'association Entraide et Solidarité AF447, exprime son désespoir.
Elle plaide pour une intervention de l'État auprès des responsables des compagnies afin de les inciter à abandonner leur recours. Cette mère endeuillée, qui a perdu son fils dans l'accident, qualifie les actions d'Airbus et d'Air France d'indécentes : "Ils ont le droit de faire appel, mais pourquoi persistent-ils dans cet acharnement ? Après tant d'années de procès, la justice a tranché !"
Les familles, déjà éprouvées par la longue procédure judiciaire, se sentent aujourd'hui "épuisées". "Elles n'ont plus la force de se battre", écrit l'association dans sa lettre reprise par Le Parisien.
La position d'Air France face à la décision de justice
Le crash tragique est survenu dans la nuit du 1er juin 2009, lorsque l'Airbus A330 reliant Rio de Janeiro à Paris s'est écrasé dans l'océan Atlantique. L'enquête a révélé que des givrage des sondes de vitesse Pitot était en cause. Les familles des victimes ont longuement attendu la découverte de l'épave et ont dû faire face à trois expertises judiciaires.
Pour sa part, Air France défend son recours en cassation en affirmant que sa responsabilité pénale a déjà été rejetée à deux reprises par la justice. Dans une déclaration, la compagnie reconnaît que cette nouvelle procédure prolonge le calvaire pour les familles et leurs proches.







