Le 14 mai 2024, l'évasion de Mohamed Amra a été marquée par un tragique guet-apens, laissant dans son sillage deux agents pénitentiaires tués et trois autres gravement blessés sur l'autoroute d'Incarville, dans l'Eure. Amra, surnommé "La Mouche", avait orchestré son évasion à l'aide de l'organisation informelle connue sous le nom de Black Manjak Family (BMF). Deux années après, l'enquête se concentre sur le rôle crucial de cette entité criminelle. Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs sont convaincus qu'Amra a été en contact avec cette organisation, considérée comme un label musical mais dont certaines activités semblent s'apparenter à celles de gangs notoires.
Depuis l'interpellation d'Amra en Roumanie le 22 février 2025, les progrès de l'enquête sont notables. Une grande partie des 49 suspects impliqués ont été interrogés, dont Alexandre G. et Camyouque M., appréhendés en France, ainsi qu'Adonis C. et Fernando D.C., localisés respectivement en Thaïlande et en Espagne. Ces derniers, bien que sous le radar, maintiennent un silence autour de l'affaire.
La situation se complique pour Jean-Charles P., ami de longue date d'Amra, qui a été questionné sur son implication potentielle avec la BMF. Initialement lancée comme un projet musical par le rappeur Koba LaD en 2022, la BMF est suspectée par les enquêteurs de couvrir des opérations de blanchiment d'argent générées par le trafic de stupéfiants. « C'est juste un groupe de musique », a déclaré Jean-Charles P., tentant de minimiser les allégations qui l’entourent.
Une organisation aux racines complexes
Les enquêteurs notent des similarités frappantes entre la BMF et le gang américain Black Mafia Family né à Détroit dans les années 1980, connu pour ses activités criminelles. La BMF française, dont les liens avec la diaspora manjaque de Guinée-Bissau sont également évoqués, pourrait servir de façade pour des activités illégales. Ces allégations continuent à être contestées par certains de ses membres, qui se défendent d'être impliqués dans des activités criminelles.
May Sarah Vogelhut, l'avocate de Koba LaD, insiste sur le fait que son client n'a jamais eu l'intention de soutenir Amra dans sa fuite, déclarant que « l'analyse des enquêteurs relève du pur fantasme ».
En somme, l'affaire Mohamed Amra, deux ans après son évasion, met en lumière les interconnexions entre musique, criminalité et réseaux illégaux. L'évolution de cette enquête pourrait dévoiler des vérités plus sombres et complexes que ce que l'on pourrait imaginer.







