Le chanteur marocain Saad Lamjarred, déjà mêlé à plusieurs affaires d'agressions sexuelles, doit comparaître dès lundi devant la cour d'assises de Draguignan (Var) pour répondre aux accusations de viol d'une barmaid en 2018, événement qu'il conteste fermement.
Agé de 41 ans et très suivi sur la scène musicale marocaine et arabe, Lamjarred comparaît libre. Le procès débutera à 9h00 et le verdict est attendu pour vendredi.
L'avocat de la victime, Dominique Lardans, a indiqué que la plaignante demandera que les débats se tiennent à huis clos, conformément à la législation en vigueur dans les affaires de viol, évoquant une "attente insupportable".
Le procès initialement prévu en décembre 2025 a été reporté à cause d'un indisponibilité de la présidente de la cour.
Selon les témoignages, en août 2018, la victime a rencontré Saad Lamjarred dans une discothèque à Saint-Tropez, et, après un échange amical, elle a accepté de le suivre dans sa chambre d'hôtel. Ce qui a suivi, semble-t-il, ne correspond pas à son consentement.
Elle a rapporté qu'il l'a menacée, déshabillée et agressée physiquement, l'empêchant de réagir. Lamjarred, pour sa part, argue que tout cela s'est fait par consentement mutuel, supposant même que la plaignante avait retiré son pantalon de son plein gré.
Cependant, une amie de la victime, contactée peu après, a témoigné l'avoir retrouvée très choquée, en pleurs, et en mauvais état. Des analyses d’alcool ont révélé des niveaux élevés chez les deux individus, alimentant encore le doute sur la possibilité d'un consentement valide.
Par ailleurs, des écoutes téléphoniques ont montré que la victime éprouvait un profond malaise face à la médiatisation de l'affaire. L'on a même enregistré un appel, pendant la garde à vue du chanteur, où un homme proposait 200,000 euros en échange d'un arrangement à l'amiable, proposition qui n'a pas été acceptée.
Malgré des réticences initiales du parquet, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé le renvoi de l'affaire devant les assises, affirmant que le simple fait d'entrer dans une chambre ne peut jamais être considéré comme un consentement acquis.
Cette affaire n'est pas isolée pour Lamjarred. Il a précédemment été accusé de violences sexuelles en 2015 au Maroc et en 2010 aux États-Unis, où un accord financier avait mis fin à la procédure judiciaire. En 2023, il a été condamné à six ans de prison par la cour d'assises de Paris suite à des accusations de viol sur une jeune femme, Laura P., reconnue lors d'une rencontre dans une boîte de nuit.
Les prochaines étapes de ce procès pourraient avoir des implications importantes non seulement pour Saad Lamjarred, mais également sur la perception des affaires d'agression sexuelle dans le milieu artistique, un sujet brûlant en ce moment en France.







