À l'heure où les prix de l'essence s'envolent, de nombreuses initiatives voient le jour pour encourager l'utilisation du vélo au quotidien. C'est le message fort que les associations ont tenté de faire passer lors de la fête de l'écomobilité à Guéret le 6 mai, où le vélo a été proposé comme alternative viable pour les petits trajets, même en milieu rural.
Les professionnels du secteur estiment que la Creuse pourrait réduire son empreinte carbonée en incitant ses habitants à privilégier le vélo pour les déplacements de moins de 15 km, notamment ceux vivant aux abords des grandes communes telles que Guéret, La Souterraine et Aubusson. "Nous visons surtout les trajets de moins de 5 km, souvent réalisés en voiture, mais qui peuvent facilement être remplacés par un vélo", explique Isabelle Pagés, de la Fédération des usagères et usagers de la bicyclette, elle-même adepte du vélo pour ses courses et ses trajets vers la gare.
Les témoignages des cyclistes commencent à se multiplier. Vincent, qui parcourt quotidiennement 10 km en vélo électrique entre son domicile à Saint-Laurent et son travail à Guéret, souligne les bénéfices économiques de sa pratique : "Posséder un vélo à 3.000 euros est bien moins onéreux que d'avoir deux voitures. Mon médecin me dit même que c'est bon pour la santé !" En effet, la transition semble séduire de plus en plus de Creusois, passant de 50 à 150 cyclistes réguliers en l'espace de cinq ans, même si seulement 2% des habitants de Guéret choisissent encore le vélo comme moyen de transport principal, les chiffres de l'INSEE révélant que 25% de la population opte pour des alternatives à la voiture.
Un vélo à 3.000 euros, c'est moins cher que d'avoir deux voitures
Les associations mettent également en avant une variété de modèles de vélos adaptés à la vie rurale, tels que les vélos cargos pour transporter des courses ou des enfants, et même des quadricycles où l'on pédale assis. "Ces vélos utilitaires sont le pont parfait entre le vélo traditionnel et la voiture, offrant une solution adaptée pour le milieu rural", note Thibault Roy, un promoteur de la mobilité durable.
Catalina, une habitante de Saint-Silvain-Montaigut, admet que bien que sa voiture soit indispensable pour ses 50 km quotidiens, les vélos cargos représentent "une option d'avenir". Martine, 70 ans, se remet quant à elle en selle avec un vélo électrique, mais reste prudente quant aux déplacements en milieu urbain : "J'ai pris des cours pour me sentir plus à l'aise, et cela m'a vraiment redonné confiance".
Tester des vélos électriques en les louant
Pour encourager l'adoption de ce mode de transport, la maison de l'emploi et de la formation propose un service de location de vélos électriques, permettant aux intéressés de les tester au quotidien. "C'est un outil très populaire et économique, idéal pour découvrir cette pratique", commente Julien Omont, chargé de mission. Actuellement, 13 vélos sont disponibles à la location, avec l'espoir d'en ajouter d'autres avant l'été, tout en gardant des tarifs accessibles, notamment pour les bénéficiaires des minima sociaux.
Cette dynamique collective autour du vélo ouvre la voie à un avenir plus durable et plus sain pour la Creuse.







