Dans un rapport percutant rendu public le 27 avril, la Cour des comptes a mis en lumière une réalité préoccupante au sein des hôpitaux et des cliniques françaises. En dépit d'une obligation légale, les accidents graves liés aux soins ne sont que très insuffisamment signalés. Les autorités pointent du doigt un manque de réactivité des établissements face aux erreurs survenues.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Marie-Jeanne Gourlet est un exemple frappant de ces manquements. Après avoir été opérée du mauvais genou, elle confie : 'Je sors du bloc, et là je sens une douleur sur mon genou droit. Et je demande : Pourquoi j'ai mal là ?' La réponse fut pour le moins troublante : 'Mais vous êtes rentrée pour être opérée du genou ?' Je m'exclame : 'Oui, mais pas celui-là, l'autre'. Son témoignage illustre la gravité de la situation.
Les erreurs médicales, infections, et autres dysfonctionnements dans le parcours de soins pourraient en effet être bien plus fréquents que le laissent supposer les chiffres. Selon le rapport de la Cour des comptes, il serait estimé qu'entre 160 000 et 375 000 incidents se produisent chaque année dans les établissements de santé, tandis que seulement 7 200 incidents ont été déclarés en 2024.
Des démarches trop complexes ?
Le document aborde également la question des infections nosocomiales, qui ont des répercussions dramatiques sur les patients, causant chaque année environ 4 000 décès, soit plus de victimes que les accidents de la route. Rémi Salomon, président des hôpitaux de Paris, souligne la nécessité de simplifier les procédures déclaratives. 'Il faut inciter les gens à déclarer. Et il faut rendre la déclaration plus simple. C'est souvent vécu comme une procédure administrative trop lourde', avertit-il.
Pour remédier à cette situation préoccupante, la Cour des comptes préconise d'introduire des sanctions financières à l'encontre des établissements hésitants à signaler ces incidents, afin de garantir une prise de conscience et un meilleur accompagnement des patients.







