Lors d'un mariage extravagant à Udaipur, Indien, en novembre dernier, une pièce montée aussi majestueuse qu'inattendue a volé la vedette à Jennifer Lopez, qui chantait ce jour-là. Ce gâteau, haute de presque trois mètres, sculpté en sucre et autres matériaux, représente le Taj Mahal et a été réalisé par le pâtissier français Bastien Blanc-Tailleur.
Les créations pâtissières de Blanc-Tailleur sont comparables à celles de la haute couture en mode : des ouvrages uniques, réalisés à la main, nécessitant un investissement considérable en termes de temps et d’argent. Le chef pâtissier de 34 ans, basé près de Paris, confie à l'AFP qu'il ne travaille que sur des projets ayant un budget dépassant souvent un million d'euros.
Le mariage évoqué, considéré comme l'un des événements marquants de l'année en Inde, aurait coûté environ 6,7 millions de dollars, dont 2 millions versés à Lopez pour sa performance. Blanc-Tailleur, sans toutefois révéler ses tarifs exacts, indique que le coût de ses gâteaux débute à 20 000 euros.
Pour le célébration indienne, le pâtissier a conçu un ensemble de cinq gâteaux, dont la pièce maîtresse ornée d'éléphants en pâte à sucre blanche et de magnifiques orchidées. L’ensemble de cette commande a exigé environ 3 500 heures de travail, un projet dont il est particulièrement fier selon ses propres mots.
Décerné en 2024 du titre de chef pâtissier le plus créatif du monde par La Liste, une plateforme gastronomique de référence, Bastien Blanc-Tailleur se destine à plus qu'un simple métier ; il incarne un nouveau rôle appelé "designer de gâteaux". Son art s'inscrit dans une tradition française qui remonte au XVIIIe siècle, lorsqu'elle faisait fureur lors des banquets royaux.
Ses services sont prisés par des familles royales du Moyen-Orient, des milliardaires américains et des aristocrates européens. Avec une petite équipe de dix personnes, il parvient à produire entre 20 et 25 gâteaux par an, ce qui témoigne de la rareté et de l'exclusivité de ses œuvres.
Malgré des tensions géopolitiques ayant récemment perturbé ses activités, notamment suite aux événements entre les États-Unis, Israël et l'Iran, il maintient un esprit positif. Il évoque un incident logistique survenu en Inde, lié à des ingrédients fondamentaux, qui a failli compromettre la réalisation du gâteau. À une autre occasion, un agent des douanes en Arabie Saoudite a endommagé le glaçage de ses créations.
Bastien s’est formé dès ses 15 ans auprès de prestigieuses institutions de Paris, comme le Pavillon Ledoyen et le Four Seasons George V, où il a travaillé avec le réputé Yannick Alléno. Il se souvient des conseils de son mentor, qui lui a appris à penser sans limites lors de la création.
Pour lui, le processus créatif commence toujours sur papier, et il se méfie de l'intelligence artificielle, qui, selon ses dires, donne des résultats trop réalistes et enlève la magie de son art. Collectant des ornements floraux, il prend soin de les créer selon les désirs artistiques des mariés, soulignant que ce travail est le plus chronophage.
En dépit de son rythme de travail intense, qui le laisse peu de temps pour lui-même, il partage que sa fiancée attend toujours une date pour leur mariage, après quatre ans d'engagement.







