Avec un coût du diesel à 2,40 € le litre, les entreprises de transport en commun en Île-de-France ont dû repenser leur stratégie énergétique. Depuis 2018, ce qui est considéré comme le plus grand parc de bus d'Europe a amorcé une transformation vers le biométhane et l'électrique, selon Le Parisien.
Sur le dépôt de Transdev à Plaisir, une cinquantaine de bus attendent d'être alimentés. Alain Pittavino, directeur adjoint, souligne que "pour notre flotte, un plein exige entre 200 et 250 litres pour une autonomie de 600 km, soit l'équivalent de trois jours de service".
1 bus sur 2
Actuellement, 49 % des bus de la flotte mondiale fonctionnent encore grâce au gazole ou au biodiesel, tandis que la moitié des bus a été remplacée par des modèles moins polluants. En intégrant de nouvelles technologies, un tiers de la flotte est désormais électrique, le biométhane représente deux tiers et un nombre limité de bus fonctionne à hydrogène, en phase expérimentale, comme le précise Pierre Ravier, directeur général adjoint d'Île-de-France Mobilités.
Une autonomie équivalente au diesel
Les avantages du biométhane sont multiples. Un chauffeur de bus, Majib, témoigne que "l'autonomie est identique à celle du diesel, mais c'est une énergie locale et prévisible". Alain Pittavino approuve : "Nous avons des contrats à long terme garantissant des prix fixes, évitant ainsi les aléas liés aux prix des combustibles fossiles".
Cette transition permet également de réduire significativement la pollution. D'après Île-de-France Mobilités, "un bus alimenté au biométhane réduit les émissions de CO₂ de 80 %, celles de particules fines de 90 % et celles de dioxyde d'azote sont sept fois inférieures par rapport à un bus diesel similaire".
5 milliards d'euros
La stratégie de sortie du diesel se déploie à un rythme soutenu. Pierre Ravier précise qu'environ 10 % de la flotte est mise à jour chaque année, totalisant un investissement de 5 milliards d'euros pour assurer la transition énergétique des transports, y compris les nouvelles acquisitions et les infrastructures nécessaires.
L'objectif est de renouveler d'ici 2029 les 10 000 bus et cars de la région. L'approche varie selon les zones : "Nous privilégions l'électrique dans les zones urbaines à faibles vitesses, tandis que le biométhane est plus adapté pour les trajets longs," souligne Pierre Ravier. Cependant, cette transition a un coût. Les bus au biométhane entraînent un surcoût de 10 % par rapport au diesel, tandis que les bus électriques coûtent près du double, dépassant 500 000 € chacun.







