Lundi, les États-Unis ont annoncé des frappes contre des sites de missiles situés dans le sud de l'Iran, une action qui survient alors même que des progrès sembleraient avoir été réalisés dans les discussions visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Après plusieurs semaines de tensions, les deux parties avaient commencé à faire état d'un consensus possible. Donald Trump avait évoqué une annonce imminente de compromis pendant le long week-end de Memorial Day, alors que les médias américains et iraniens se faisaient l'écho d'un futur plan de paix. Pourtant, à peine la diplomatie semblait-elle avancer que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification des opérations militaires au Liban, suivi d'une attaque contre l'Iran.
"Les forces américaines ont mené aujourd'hui des frappes d'autodéfense dans le but de protéger nos troupes des menaces iraniennes. Les cibles comprenaient des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes tentant de poser des mines", a déclaré le Centcom, le commandement américain pour le Moyen-Orient.
L'armée américaine a insisté sur sa volonté de respecter un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, qui a suivi un mois de conflit intense ayant fait des milliers de victimes et perturbé l'économie mondiale. L'Iran contrôle le détroit d'Ormuz, par où passe environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et de gaz.
- Une dynamique diplomatique instable -
Malgré les frappes, les échanges diplomatiques ont récemment gagné en intensité. Des responsables iraniens, incluant des personnalités clés comme Mohammad Bagher Ghalibaf et Abbas Araghchi, se trouvaient ce lundi à Doha, marquant leur première visite au Qatar depuis le début des hostilités.
Puis, dans un élan de prudence, Donald Trump a tempéré les espoirs d'un accord proche, insistant pour dire qu'il ne souhaitait pas se précipiter. "Je ne signerai qu'un excellent accord," a affirmé Trump, tandis que le porte-parole iranien Esmaïl Baghaï signalait que, bien que des progrès aient été réalisés, la signature d'un accord n'était pas imminente.
La réouverture du détroit d'Ormuz a été une question centrale dans cette dynamique de paix. Alors que Trump a mentionné un compromis permettant cette réouverture, l'Iran a clairement indiqué que les discussions nucléaires ne feront pas partie de cet accord pour le moment, mais seront abordées ultérieurement.
Lundi, lors d'une déclaration, Trump a soulevé la question de l'uranium enrichi iranien, un point névralgique du conflit. Il a suggéré que l'uranium pourrait être soit détruit aux États-Unis, soit, idéalement, éliminé en coordination avec l'Iran.
- Violations et tensions -
Dans les heures précédant les frappes, les tensions au Liban se sont intensifiées. Un cessez-le-feu est en place depuis le 17 avril, mais les agissements du Hezbollah et les bombardements israéliens continuent d'attiser les vulnérabilités régionales.
Benjamin Netanyahu a déclaré qu'Israël allait "intensifier" son offensive contre le Hezbollah, suite à des frappes qui ont coûté la vie à plusieurs personnes, selon l'agence nationale libanaise, ANI. La voie vers la paix reste semée d'embûches, alors que les dynamiques militaires et politiques s'entremêlent.







