l'essentiel
Grand reporter au parcours exceptionnel ayant couvert des conflits majeurs, Mémona Hintermann souligne une réalité inattendue : nos relations avec nos animaux de compagnie. Grâce à son fils Julien, vétérinaire, elle s'est immersée dans le monde des animaux, devenant non seulement assistante, mais aussi confidente pour de nombreuses familles qui viennent pour soigner leurs compagnons. À travers ses échanges, elle dresse un portrait touchant et prometteur d'une nouvelle société, où l'harmonie entre l'homme et l'animal prend une place centrale.
Comment Mémona Hintermann, grand reporter qui a couvert des guerres, se retrouve-t-elle à écrire sur nos animaux ?
"Écrire ce livre était inattendu pour moi. Issue d'un milieu modeste, mes enfants m'ont ouvert les yeux sur l'importance des animaux. Sur la couverture, on voit Julien avec son chien, un véritable ami pour lui et sa sœur," confie-t-elle. La séparation d'avec ce compagnon a révélé à Mémona le vide laissé pendant l’adolescence des enfants, instaurant un besoin crucial d'attachement et de stabilité.
"Le chien a apporté un réconfort important à mes enfants. Au moment de la séparation familiale, j'ai réalisé que les animaux auraient pu servir de soutien émotionnel," explique-t-elle.
Un élément déclencheur pour Julien, devenu vétérinaire ?
En 2009, Julien délaisse sa carrière dans la production pour se lancer dans des études vétérinaires, persuadé de sa nouvelle voie. "Je vais soigner mes animaux, maman !" s’est-il exclamé. Après des expériences variées, il reprend une clinique près de Capbreton, où Mémona le soutient en tant qu'assistante. "C'est un défi fascinant ; beaucoup de confidences et de récits poignants se déroulent ici," ajoute-t-elle.
Les témoignages des propriétaires révèlent des liens profonds avec leurs animaux ?
"Oui, et souvent, ces confidences touchent à des enjeux émotionnels majeurs. Une dame m'a dit que son chat était sa source de bonheur. Dans notre société, le rôle des animaux dans les familles est méconnu; les gens sont prêts à tout pour leur bien-être. Les décisions sur la fin de vie sont nuancées par la douleur immense que provoque la séparation," raconte-t-elle, en revivant les moments tragiques vécus avec les propriétaires.
Les animaux, à ses yeux, deviennent un symbole de résilience et d’amour, un écho de notre humanité. "Cela reflète notre époque, nos vulnérabilités," conclut-elle.
Nos animaux nous réparent, un lien délicat mais fort entre l'homme et l'animal ?
"C'est effectivement un mélange des deux. Les animaux remplissent un vide que la structure familiale ne parvient plus à combler. Cela démontre à quel point nous sommes en quête de connexions," précise Mémona. La diversité des récits qu'elle a entendus éclaire ce lien unique, qui transcende les catégories sociales.
Les récits de familles aux dynamiques variées sont riches en émotions. Une femme a quitté son compagnon, incapable de comprendre son attachement à son chien. Ces témoignages révèlent un besoin d'empathie et de compréhension que les animaux satisfont avec brio.
Elle encourage à parler sans honte de ce sujet : "Nos animaux, trop souvent considérés comme des objets, méritent notre respect et notre affection. Mon livre vise à changer le regard sur cette connexion profonde."
En somme, elle souligne que dans cette période où les relations humaines semblent parfois faiblir, la présence d'un animal s'avère être un véritable retour aux sources, une rédemption de notre humanité. Les réflexions de Boris Cyrulnik résonnent ici, car l'attachement entre l'homme et l'animal pourrait bien être le prélude à une nouvelle civilisation.







