Le 17 décembre dernier, un gendarme âgé de 29 ans a déposé une plainte pour harcèlement moral et diffamation, révélant une lettre anonyme truffée de propos racistes qui l’a profondément affecté. L’enquête, actuellement en cours à Paris, vise à éclaircir les circonstances entourant cette affaire, a confirmé la gendarmerie nationale à l'AFP.
Ce militaire, qui a choisi de rester anonyme, a fait état d’une culture de racisme systémique dans la prestigieuse Garde républicaine. Dans des propos rapportés par Mediapart, il décrit le contenu de cette lettre reçue le 16 décembre, qui stipule : "On est en France ici, habille-toi comme tel sale bougnoule", en référence à une tenue traditionnelle algérienne qu’il avait portée en dehors de son service pour un mariage. Face à six années de discrimination, il a estimé qu'il était temps de se tourner vers la justice.
Lors de son premier entretien avec son commandant, il a été accueilli par des remarques déconcertantes : "J’ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne" et d'autres commentaires dévalorisants sur ses origines. Le commandant aurait également insisté sur le fait que les gendarmes de la région viennent de milieux plus homogènes et qu'il devrait "s’acclimater".
Des incidents troublants
Le militaire a par ailleurs signalé des incidents inquiétants, dont une tentative d’un supérieur de pénétrer dans son domicile sans autorisation. Il affirme que sa femme a été interrogée sur d’éventuelles violences domestiques, avec des propos comme : "Chez les rebeus, il y a des violences, c’est normal chez vous". Ces expériences l’ont conduit à se demander pourquoi il subissait un tel traitement alors qu'il a dédié sa vie à servir la France.
"Je suis binational. J’aurais pu choisir de retourner en Algérie, mais j’ai décidé de servir ici. Si le racisme est présent même dans l’institution, c’est qu’il est omniprésent ailleurs", s’insurge son avocat, Seydi Ba. Ce dernier exprime son inquiétude face à l'ampleur de ce phénomène, qui traverse même les organismes censés représenter la sécurité du pays.
En réponse, la gendarmerie nationale a souligné l’existence d’un plan d’action “tolérance zéro” visant à éradiquer les comportements discriminatoires en son sein. Des initiatives de prévention et de soutien, incluant des référents en égalité et diversité, ainsi que des dispositifs de signalement, ont été mises en place pour tenter de changer la culture de l’institution.







