L'événement, planifié du 3 au 6 avril au parc des expositions du Bourget à Paris, a été annulé par arrêté ministériel en raison d'un contexte national et international marqué par une intensification des tensions et une menace terroriste accrue.
La Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF), dont la tenue était attendue avec impatience, a été interdite suite à une demande formulée par le ministre de l'Intérieur. Dans un communiqué de la préfecture de police de Paris, il a été précisé que l'événement était susceptible de provoquer des "troubles à l'ordre public", comme l'a indiqué Patrice Faure, préfet de police. Cela survient dans un contexte de menaces croissantes pesant sur la communauté musulmane en France, exacerbées par un attentat déjoué récemment contre la Bank of America à Paris, qui souligne le danger réel d'actions terroristes.
En raison de l'instance de tension politique actuelle et de la polarisation des débats, notamment observées lors des élections municipales en Île-de-France, l'arrêté souligne que la nature de l'événement, ainsi que les profils des organisateurs, pourrait inciter des groupes d'extrême droite à s'opposer à son déroulement. Cela est d'autant plus préoccupant que la RAMF n'avait pas eu lieu depuis 2019, laissant présager une mobilisation accrue.
La Rencontre des musulmans de France, présentée comme le plus grand rassemblement de musulmans en Europe, est organisée par l'association Musulmans de France, qui a succédé en 2017 à l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Le ministre Laurent Nunez a, dans des déclarations recueillies par Le Parisien, évoqué un lien d'affiliation de cette organisation avec les Frères musulmans, une assertion qui n'est pas mentionnée dans l'arrêté de la préfecture.
Les autorités estiment que la tenue de cet événement est incompatible avec les impératifs de sécurité publique, dans un climat de menace persistante, où toute rencontre peut être instrumentalisée par des intérêts extérieurs ou inappropriés. Cette situation souligne la nécessité d'une vigilance accrue en matière de sécurité et d'une réflexion profonde sur les enjeux de la liberté d'expression et de rassemblement contre la toile de fond d'une menace terroriste grandissante.







